Gabriel Baron (1859-1928), maire d’Aix-en-Provence

 

Gabriel Baron, né à Marseille en 1859 et mort à Cannes en 1928, est connu pour avoir été maire d’Aix-en-Provence de 1896 à 1897.

Gabriel_BaronGabriel Charles Esprit Baron naît à Marseille le 23 décembre 1859 d’un père entrepreneur, Charles André Baron, 25 ans, et de Gabrielle Joséphine Bernard, 25 ans aussi. La famille vit alors au 136 du boulevard Chave, et c’est là que le nouveau-né voit le jour.

Doté d’une éducation bourgeoise et d’une instruction classique, Gabriel Baron songe à préparer l’École normale supérieure mais c’est finalement le droit qui l’attire et, assez vite, la politique. Avocat au barreau d’Aix-en-Provence, conseiller municipal de cette ville à partir de 1888, il en devient le maire le 15 mai 1896, mais il n’est pas renouvelé dans cette fonction après la dissolution du conseil le 26 octobre 1897. Il conserve en revanche jusqu’en 1913 le mandat de conseiller général que les habitants du canton nord d’Aix lui avaient confié en 1889 et il fut, durant plusieurs années, vice-président de l’Assemblée départementale. Jusqu’à l’élection de 1895, il bénéficie du soutien de Benjamin Abram, autre figure socialiste importante du paysage politique aixois.
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Benjamin Abram.

Militant socialiste, il combat pour la refonte de l’ordre social et pour la suppression des privilèges et monopoles des féodalités financières. Il fonde, au conseil général, le groupe socialiste et soutient une vive lutte pour y obtenir la création d’une commission du travail.
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Victor Leydet.

Lors de la campagne aux élections municipales de 1896, alors qu’Abram est le candidat officiel du parti radical-socialiste, étant le maire sortant, Baron décide de se présenter malgré tout contre son ancien ami et contre Victor Leydet, le candidat radical. Comptant des soutiens dans les rangs conservateurs et parmi les adversaires de Leydet, il remporte la mairie à la surprise générale.

En 1897, il brigue le siège de député devenu vacant dans la première circonscription d’Aix à la suite de l’élection de Leydet au Sénat. Il est élu au scrutin de ballottage, le 28 février, avec 4 565 suffrages sur 10 525 votants. En janvier 1898, lors de la discussion du budget de la justice, il réclame une réforme de l’organisation judiciaire et en mars il interpelle le gouvernement sur sa politique étrangère.
Aux élections générales du 8 mai 1898, il est battu par Camille Perreau, professeur à la Faculté de droit, républicain radical indépendant, mais à celles des 27 avril et 11 mai 1902 il prend sa revanche en battant le même Perreau. Quatre ans plus tard, le 6 mai 1906, c’est au premier tour qu’il est réélu. Toutefois, le 24 avril 1910, son siège lui est enlevé, dès le premier tour, par André Lefèvre, ancien président du conseil municipal de Paris.

Parlementaire actif, membre de nombreuses commissions, Gabriel Baron intervient presque chaque année dans la discussion budgétaire et demande à plusieurs reprises à interpeller le gouvernement ; en 1907, il développe une interpellation sur l’admission et l’avancement dans la magistrature. Il se fait en outre l’écho au Palais-Bourbon des soucis locaux de ses mandants et traite à ce titre de la faculté de droit et du collège d’Aix, des horaires du PLM, du téléphone de Paris à Marseille. En octobre 1903, dans la discussion des interpellations sur la politique générale, religieuse et sociale du gouvernement et en novembre 1904, dans le débat sur l’affaire des « fiches », il soutient de son vote le ministère Combes. Il vote par la suite contre la politique générale du cabinet Rouvier.

Il se retire à Cannes, pour y mourir le 22 octobre 1928.

Sources

ROBERT (A) et COUGNY (G), Dictionnaire des Parlementaires français (1789-1889), Paris, 1889, 617 pages.
Charles COHEN, Les Grandes Figures du barreau d’Aix-en-Provence, Société des Écrivains, Paris, 2004, 366 pages.