Hippolyte Fortoul : Des montagnes de Digne au ministère parisien

hippolyte-fortoulHippolyte Nicolas Honoré Fortoul, né le 19 août 1811 à Digne (Alpes-de-Haute-Provence), était le fils d’un avoué devenu secrétaire général de préfecture dans les Basses-Alpes.
Docteur ès lettres et professeur de littérature à la faculté de Toulouse, il devint par la suite recteur et doyen de la faculté des lettres d’Aix-en-Provence. Élu député des Basses-Alpes à l’Assemblée constituante de 1849, il se rallia à la politique de Louis Bonaparte, puis devint ministre de la Marine en 1851 et reçut le portefeuille de l’Instruction publique et des Cultes après le coup d’État de 1851 ; il conserva ce poste jusqu’en juillet 1856 et prit, durant son mandat, l’initiative d’une série de réformes : il ramena l’étude de la philosophie dans l’enseignement à celle de la logique, établit le système de la bifurcation, réduisit le nombre des académies. Par un décret du 9 mars 1852, la nomination des hauts fonctionnaires de l’Instruction publique fut rendue au pouvoir supérieur et, par un décret du 13 juillet 1855, l’Institut de France reçut une nouvelle constitution.
Hippolyte Fortoul était un homme qui laissait peu indifférent. Il avait une multitude d’adversaires, parmi lesquels la plupart de ses concitoyens des Basses-Alpes qui ne lui pardonnèrent jamais son opportunisme politique et la façon brutale dont il usa pour mettre à genoux l’université d’Aix-en-Provence, dont il fut pourtant recteur et doyen quelques années plus tôt.
Sénateur en 1853, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, grand officier de la Légion d’honneur, Fortoul mourut le 7 juillet 1856 à Ems (Allemagne).

fortoulVoici une lettre écrite à Paris, le 4 juillet 1855, adressée à un certain M. Mantellier, à Orléans :

Cabinet du Ministre des l’Instruction Publique et des Cultes

Paris, le 4 juillet 1855,

Monsieur,

Vous m’avez fait l’honneur de m’adresser un exemplaire d’un ouvrage que vous venez de publier à l’occasion des fêtes données par la Ville d’Orléans en l’honneur de Jeanne d’Arc.

Je vous remercie beaucoup de l’envoi du livre dont la lecture m’a vivement intéressé et je vous prie de vouloir bien agréer l’assurance de ma considération distinguée.

Le Ministre de l’Instruction publique et des cultes,

[H. Fortoul]