Jean Moulard s’est pendu ! (Marseille, 17 décembre 1793)

Pendu, personnage en cire.  Tour de Londres.  © Helga, 2005, Creative Commons  Attribution ShareAlike 3.0.

Pendu, personnage en cire.
Tour de Londres.
© Helga, 2005, Creative Commons
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« L’an second de la république française, le vingt-huit frimaire, après midi, par devant nous officier public de Marseille et dans la maison commune, est comparu le citoyen Marcellin Garnier, juge de paix et officier de police de sûreté du septième arrondissement du canton de Marseille, lequel, pour se conformer à l’article huit du titre cinq, section cinq, de la loi du vingt septembre mil sept cent nonante-deux (vieux stile), nous a remis ce jour d’huy une expédition en forme de verbal par lui dressé le jour d’hier, par lequel il conste que, sur l’avis qu’il a eu, que le citoyen Jean Moulard, chapelier demeurant rue des Isnards, isle 403, maison 5, au second étage, n’avait pas quitté son appartement depuis quelques jours et donné aucun signe de vie.
Il s’y est transporté en compagnie de deux citoyens et de son greffier.
N’ayant pu faire ouvrir la porte, attendu qu’il nous a été impossible de trouver un serrurier à ce moment, a renvoyé la continuation du présent verbal à l’après-midi, et, advenant sur les deux heures après midi, en présence des citoyens Vérand Moulard, oncle, Jeanne Rose Argence, tante, Élisabeth Moulard, épouse de Désangère, et Catherine Moulard, épouse de Jacques Bouiny, tous parents dudit feu Moulard, ont trouvé un homme pendu par le col avec une corde de l’épaisseur du petit doigt et mise en double.
Lequel homme a été reconnu par les susnommés être le citoyen Jean Moulard, chapelier, âgé d’environ quarante-six ans, natif de cette commune, et de suite, a requis le citoyen Fabre, chirurgien, de faire la description du cadavre, lequel, après le serment requis, l’a faite, ce qui lui a paru l’effet de l’étranglement seule cause de sa mort, n’ayant trouvé sur les autres parties de son corps aucune marque de violence.
D’après lequel renseignement, nous avons dressé le présent acte pour qu’il en conste et avons signé. »