Le vicaire veut garder ses registres (Les Saintes-Maries-de-la-Mer, 30 juin 1719)

Nous sommes en 1719, sous le règne de Louis XV, quelques années après la Grande Peste de Provence (1720-1722), dans un contexte où la tenue des registres paroissiaux est un enjeu central de l’administration du royaume et de l’Église. Depuis l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) et le Concile de Trente (1563), ces registres constituent la seule preuve légale des naissances, mariages et décès. L’acte témoigne d’une querelle de pouvoir ecclésiastique locale entre deux prêtres : un vicaire en place, Messire Garcin, et son successeur nommé par l’archevêque d’Arles, le provicaire Jean François Gleize. Au-delà du conflit personnel, il illustre la difficulté de la transmission des charges et la valeur juridique et symbolique inestimable accordée aux registres paroissiaux, essentiels pour l’état civil de la communauté des Saintes-Maries-de-la-Mer.
« L’an mil sept cent dix-neuf et le trentième jour du mois de juin, après midy, pardevant nous Jean Icard, avocat en la cour, exerçant la justice en cette ville Notre-Dame-de-la-Mer, en défaut du sieur juge et viguier d’icelle, dans notre maison d’habitation est comparu messire Jean François Gleize, provicaire en l’église paroissiale de cette dite ville, qui nous a remontré que Monseigneur l’Archevêque d’Arles l’a nommé à la dite fonction de provicaire.
Et, comme messire Garcin, vicaire, n’a pas daigné luy remettre les registres des baptêmes, mariages et mortuaires, quelles réquisitions qui luy en aient été faites ; il nous a exhibé le présent registre double et requis de vouloir le luy adresser pour pouvoir s’en servir à l’enregistration des dits baptêmes, mariages et mortuaires dont il a requis acte et s’est soussigné. »
[Gleize provicaire]»
  • Registre des BMS des Saintes-Maries-de-la-Mer, année 1719.
  • Transmis par Muriel Moine.

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