En 1727, la Provence maritime, bien que se remettant doucement de la Grande Peste, restait un territoire où l’ordre royal était lointain, notamment dans la Camargue isolée. Cet extrait d’acte de sépulture aux Saintes-Maries-de-la-Mer révèle une réalité sociologique : l’intégration de populations étrangères, comme Vincent Ferrier, natif d’Ibiza, dont l’activité le maintenait sur l’eau. Sa mort soudaine, « par plusieurs coups de fusil chargés à balle », illustre la brutalité des conflits qui pouvaient survenir en mer, potentiellement liés à la pêche, au commerce illicite ou à des rivalités locales. L’usage de l’arme à feu démontre une intention létale claire. L’absence de sacrements souligne l’aspect inopiné et violent de cette fin tragique, laissant l’individu hors de la grâce religieuse.
« Le six a été enseveli dans le cimetière Vincent Ferrier, qu’on nous dit avoir été tué ce matin dans sa barque par plusieurs coups de fusil chargés à balle, sans avoir pu recevoir aucun sacrement, mari d’Élisabeth Nogaire, originaire de l’isle d’Hyvisse [probablement Ibiza] en Espagne et âgé d’environ trente ans. Ainsi l’atteste-je, avec les sieurs de Lajary, prêtre, et Lagier. »
[SIGNATURES]
- Registre paroissial des Saintes-Maries-de-la-Mer, année 17276.
- Texte transmis par Muriel Moine.
