Mort d’un forçat enchaîné (Éguilles, 19 janvier 1692)

En janvier 1692, le passage de la « chaîne » à Éguilles marque le quotidien des populations provençales situées sur l’itinéraire menant aux galères de Marseille. Ces convois de condamnés, partis de Paris sous la surveillance des archers de la Compagnie du capitaine Saint-Pravil, parcourent des centaines de kilomètres à pied, liés entre eux par le cou. La mort de ce jeune Limousin de vingt ans souligne la violence des conditions sanitaires et l’épuisement physique lors de ces transferts forcés. Le curé de la paroisse consigne ici une réalité administrative et humaine propre au système pénal sous Louis XIV.

« L’an mil six cent nonante deux et le dix neuf janvier, Jean Branchar dit Saint-Germain, âgé de vingt ans, natif du Limousin, forçat attaché à la chaîne de Paris, conduit par M. de Saint-Pravil, capitaine de ladite chaîne, est mort et a été enseveli au cimetière de Saint-Julien de la parre (1) d’Aguilles, diocèse d’Aix, par moy soussigné. »

1. Abréviation de « paroisse ».

  • Registre paroissial d’Éguilles, année 1692, f°2 recto.
  • Texte transmis par Agnès Charrel-Berthillier.

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