Précipitée dans l’Arc (Aix-en-Provence-Les Milles, 30 mai 1728)

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Le suicide de Lucresse Clary dans l’Arc en mai 1728 pose un cas de conscience pastoral résolu par le curé grâce à un arbitrage théologique précis. En qualifiant l’acte de conséquence d’un « délire » et d’une « imbécillité », termes médicaux de l’époque pour désigner l’aliénation mentale et la perte de raison, le prêtre écarte la notion de péché mortel volontaire. Cette distinction cruciale permet d’accorder à la défunte une sépulture ecclésiastique en terre consacrée, habituellement refusée aux suicidés. Le rappel opportun de ses dévotions pascales accomplies dans son « bon sens » achève de réhabiliter sa mémoire chrétienne.

« L’an 1728 et le trent[ièm]e jour du mois de mai est décédé subitement à cause de son délire et imbécillité, sur les onze heures de la nuit,
S’étant plongée et précipitée elle-même dans la rivière de l’Arc,
Lucresse Clary, épouse de Louis Mille,
Et a été ensevelie dans le cimetière de cette paroisse par moi soussigné, le premier du mois de juin,
Ayant reçu dans la quinzaine des Pâques et pendant sa maladie, étant alors dans son bon sens et entendement tous les sacrements de l’Église, âgée d’environ quarante années. »
  • Registre paroissial d’Aix – Les Milles, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 202 E 73.

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