Un miracle au pied des murs de l’église (Les Saintes-Maries-de-la-Mer, 25 mai 1591)

En 1591, la Provence, malgré l’accalmie relative après les guerres de Religion, reste marquée par une piété populaire intense. L’événement se déroule aux Saintes-Maries-de-la-Mer, point d’ancrage du pèlerinage majeur en Camargue, où la foi des fidèles envers les Saintes était palpable. L’acte témoigne de la dévotion de Marguerite Morel, typique des croyances de l’époque où l’intervention divine était vue comme un recours direct contre le danger, en l’occurrence la chute de son fils Jean Antheaume. La survie inexpliquée d’un corps après une chute de douze mètres, un accident souvent fatal sans intervention médicale, est rapidement et naturellement interprétée par la foule comme une intervention « miraculeuse », forgeant ainsi la légende locale et renforçant l’autorité spirituelle du lieu.

Le 25 mai 1591 est le jour de la fête des saintes Maries, Jacobé et Salomé, et le village des Saintes-Maries, en Camargue, est en liesse. Une grande foule s’est rassemblée en ville pour célébrer les saintes.
Dans la foule se trouve un jeune homme du nom de Jean Antheaume. Il est venu participer avec sa mère, Marguerite Morel, au pèlerinage organisé sur place. Mais un accident va survenir.
En visitant l’église des Saintes-Maries, il tombe d’une hauteur de plus de quarante pieds, c’est-à-dire de plus de douze mètres, par une des meurtrières de la galerie qui fait le tour des murs extérieurs.
Pour sûr, il s’est tué. Aussitôt, sa mère s’écrie : « Grandes Saintes, sauvez mon enfant. » L’entendant ainsi crier, plusieurs pèlerins accourent auprès d’elle.
Un miracle vient de se produire. On retrouve l’enfant assis à terre, sans s’être fait le moindre mal.
La rumeur court aussitôt dans les rues du village et la foule s’empresse d’envahir l’église en entonnant le Te Deum.
  • Source : Chanoine Lamoureux, Les Saintes Maries de Provence, leur vie et leur culte, Avignon, 1898, p. 116.

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