L’hiver 1694 marque le paroxysme d’une crise climatique et frumentaire dramatique pour la Provence. André Berlandier, septuagénaire robuste pour son temps, succombe en trois jours à un état de choc thermique sévère, probablement une hypothermie profonde ayant entraîné une défaillance cardiaque. Ce drame survient alors que le royaume subit la « Grande Famine », conséquence d’étés pluvieux et d’hivers glaciaux qui anéantissent les récoltes et gèlent les oliviers. À Boulbon, la mort de ce vieillard témoigne de la violence des éléments qui frappent une population rurale déjà affaiblie par les carences alimentaires et les privations.
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« L’an mil six cent nonante quatre et le dixième du mois de janvier, à trois heures du matin, est décédé et, sur le soir dudit jour, a été enseveli dans l’église Saint-Marcellin,
André Berlandier, âgé de septante-deux ans, muni des sacrements de l’Église, pendant sa maladie qui n’a duré que trois jours, pour avoir été apporté de la campagne demi-mort, à cause du grand froid,
En foi de ce, me suis soussigné à Bourbon, les an et jour susdits, »
[Lande vicaire]
- Registre paroissial de Boulbon, AD13, 203 E 222.