Un déluge de glace (Vinon-sur-Verdon, 27 mai 1895)

Le lundi 27 mai 1895, aux environs de 2 heures de l’après-midi, le ciel de Vinon s’obscurcit soudainement pour laisser place à un orage d’une violence inouïe. Durant plus de trente minutes, une chute de grêle ininterrompue, parfois mêlée de pluie, s’abattit sur le territoire dans un fracas de tonnerre incessant.
Le spectacle que découvrirent les habitants après la tempête fut véritablement désolant, et celui de la rive droite du Verdon fut d’ailleurs le plus sinistre. Un manteau de glace, épais de dix à vingt centimètres, recouvrait le sol tel un linceul funèbre s’étendant sur plusieurs kilomètres de large.
Les dégâts agricoles furent considérables et plongèrent les cultivateurs dans la détresse. Les vignes furent hachées menu, tandis que les fruits de toutes sortes jonchaient le sol, ensevelis sous les feuilles arrachées aux arbres. Les blés et les céréales furent lourdement touchés, et les récoltes de haricots, de plantes légumineuses purement et simplement anéanties.
Les dégâts matériels furent donc lourds, mais on ne déplora heureusement aucune victime. La frayeur fut néanmoins immense. Des bûcherons surpris en forêt crurent leur dernière heure arrivée. Les grêlons frappaient avec une telle force qu’ils criblèrent les tentes qui leur servaient d’abri. D’autres personnes, qui regagnaient le village en hâte, arrivèrent avec le visage et la tête marqués par de nombreuses bosses. De mémoire d’homme, jamais Vinon n’avait connu un tel déluge.
  • Source : La République du Var, 30 mai 1895, p. 3.

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