L’étrange découverte d’un enfant mort-né (Marseille, 12 mars 1880)

La rue des Minimes, située dans un quartier dense de Marseille, constitue en 1880 le théâtre d’une pratique d’infanticide ou de dissimulation de corps courante dans les milieux urbains précaires. L’autopsie pratiquée par le docteur Rampal à l’hospice de la Conception vise à déterminer, par la docimasie pulmonaire, si l’enfant a respiré afin de distinguer le mort-né du crime de suppression de part. Cette procédure judiciaire systématique sous la Troisième République cherche à identifier les mères célibataires, souvent domestiques ou ouvrières, qui cachent leur accouchement pour éviter la réprobation sociale ou la perte de leur emploi.

mars01« Il appert d’un procès-verbal du douze mars dernier par le commissaire de police du neuvième arrondissement de cette ville de Marseille que le corps d’un enfant du sexe féminin a été trouvé attaché aux sangles sous un canapé dans la maison n° 12 de la rue des Minimes au 1er étage, que cet enfant ayant été apporté au dépositoire de l’hospice de la Conception, M. le docteur Rampal en a fait l’autopsie et a déclaré par un rapport écrit adressé à monsieur le Procureur de la République que cet enfant était mort-né.
L’an mil huit cent quatre-vingt et le trois avril, nous officier de l’état-civil avons transcrit le présent procès-verbal dans les registres courants et avons signé. »
[Signature]
  • Registre des transcriptions de la mairie de Marseille

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