Une messe fu­nè­bre pour Ma­rie Lesz­czyń­ska (Aix-en-Pro­vence, 29 juil­let 1768)

En cet été 1768, la mort de Marie Leszczyńska, reine pieuse et discrète, résonne jusque dans les provinces éloignées. À Aix-en-Provence, ancienne capitale parlementaire et ecclésiastique, l’office solennel du 29 juillet exprime le deuil officiel et l’attachement à la Couronne, un mois après son décès. L’acte, rédigé par un sous-sacristain des Cordeliers, met en lumière le rôle prépondérant des ordres religieux et du clergé séculier (les chanoines de Saint-Sauveur) dans l’affichage public de la ferveur monarchique. La « pompe funèbre » et l’érection du « mausolée » témoignent de l’importance de ces rites, qui structurent la société d’Ancien Régime et rappellent, par leur magnificence, la permanence du pouvoir royal.

La reine Marie Leczynska lisant la Bible (Jean-Marc Nattier, 1748).
La reine Marie Leczynska lisant la Bible (Jean-Marc Nattier, 1748).

« Le 29e de juillet 1768 nous avons chanté une grande messe de mort pour notre auguste reine Marie de Pologne reine de France épouse de notre auguste roy Louis quinze le Bien-Aimé. Nos messieurs de Saint Sauveur ont assisté avec toute la pompe funèbre. Un mausolée dans le maître hôtel répondait à la décoration. Il a fait l’admiration des fidèles. »

[Frère Paul sous  sacristain des Cordeliers]

Source : registre des sépultures du couvent des Cordeliers d’Aix, 202 E 99.

 

Note : Marie Leszczynska, (Trzebnica, 23 juin 1703 – Versailles, 24 juin 1768), princesse polonaise, fille du roi détrôné de Pologne et duc de Lorraine Stanislas Leszczyński et de Catherine Opalińska. En 1725, elle devient reine de France à l’âge de 22 ans en épousant le roi Louis XV, de sept ans son cadet.

 

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