Pris entre deux wagons (Istres, 14 décembre 1895)

En cette fin de XIXe siècle, la région d’Istres en Provence est en pleine mutation industrielle, symbolisée par le développement d’usines chimiques dépendantes du transport ferroviaire. Cet incident, survenu le 14 décembre 1895, met en lumière la sociologie de la nouvelle classe ouvrière des « journaliers », souvent jeunes et précaires, confrontés quotidiennement à la dangerosité des manœuvres de wagons dans des zones privées. Le décès d’Étienne Ansardi, survenu après « deux heures de souffrance », rappelle l’état limité de la traumatologie d’urgence de l’époque. Toute compression violente, courante dans les accidents du travail de la Troisième République, constituait alors une blessure quasi fatale.

Le registre d’état-civil d’Istres (Bouches-du-Rhône) signale, à la date du 14 décembre 1895, le décès d’un jeune journalier de 18 ans, Étienne Bernard Ansardi. Mourir à cet âge amène à se poser des questions : une maladie ? un accident ? Le Mémorial d’Aix n° 101, du 18 décembre, apporte une réponse dans sa rubrique « Faits divers » :

« Lundi dernier, le jeune Ansaldi, employé dans notre usine de produits chimiques, était occupé à pousser des vagons dans la cour de l’usine lorsque, ayant voulu crocheter la chaîne de l’un des vagons, il a été pris en écharpe par le train venant en sens contraire et a été serré si fortement que, malgré les soins empressés dont il a été l’objet, il a succombé après deux heures de souffrance. »

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