Le décès d’Antoine Ravel en août 1679 sous un châtaignier du terroir de Collobrières illustre les dangers de la fulguration lors des épisodes orageux estivaux dans le massif des Maures. L’abri improvisé sous un arbre de haute taille a favorisé le foudroiement direct ou par amorçage latéral, entraînant l’arrêt cardiaque immédiat du trentenaire et la mort simultanée de ses deux bêtes de somme. Au-delà du drame physique, la note du vicaire reflète la vision providentialiste du XVIIe siècle : la mort de l’habitant et de ses ânes, survenue le jour de la fête de Saint-Pierre-aux-Liens alors qu’il transportait de la paille, est interprétée comme un châtiment divin sanctionnant le non-respect du repos dominical et des fêtes chômées.

« Le premier jour du mois d’août jour et fête de Saint Pierre aux liens 1679 Antoine Ravel âgé de trente trois ans a été tué d’un coup de foudre dessous un châtaignier s’y étant hébergé avec deux ânes chargés de paille lesquels ont été tués aussi, pour faire voir sans doute que ça été en punition du travail qu’il faisait au mépris des fêtes ordonnées de l’Église. Il a été enterré dans le cimetière de cette paroisse de Collobrières en présence des susdits témoins. »
[Audouin Feraporte, vicaire]
- Registre paroissial de Collobrières, Archives départementales du Var.
- Texte transmis par Marc es-Cadière.
- Illustration : Jacob Becker, Le berger frappé par la foudre, 1844, Städel Museum, Francfort-sur-le-Main.