Deux mai­sons s’é­crou­lent : 10 morts (Mar­seille, 28 jan­vier 1750)

Au milieu du XVIIIe siècle, Marseille subit une pression démographique intense, confinant les classes populaires dans un noyau médiéval aux infrastructures obsolètes. L’urbanisme de la rue de l’Échelle se caractérise par des bâtisses hautes et étroites, souvent fragilisées par des surélévations précaires ou des infiltrations chroniques. Ce drame révèle la vulnérabilité des familles d’artisans, comme les tisserands, logés dans une promiscuité extrême. La médecine de l’époque, démunie face aux traumatismes de l’écrasement, ne peut que constater les décès sous les décombres de structures dont la stabilité dépendait alors d’un entretien seigneurial ou privé souvent défaillant.

Rue de l'Échelle (Marseille), en 1913. DR.
Rue de l’Échelle (Marseille), en 1913. DR.
« L’an 1750 et le 28 janvier, [nous] avons enterré au cimetière de cette paroisse dix corps morts que nous avons trouvés ensevelis sous les ruines de deux maisons qui se sont écroulées hier sur les huit heures et demi du soir, à la rue de l’Échelle, parmi lesquels il y a quatre hommes, dont personne n’a su nous dire le nom, quatre femmes qu’on nous a dit s’appeler, savoir l’une, Marie Cordier, épouse de Jean Savouret, Anne Négrel, épouse de Lambert Arnoux, tisserand, Marie Anne Benette, épouse de Jean Sicard, Marie Agnès, mère de ladite Benette, et Jean Triboulet, fils d’Antoine et de Marie Reynaud, âgé de vingt-deux mois,
Attesté par messires Antoine Sylvestre Viborel, prêtre, Pierre Barthélemy Sauze, ecclésiastique, soussignés avec nous Gaignard, prêtre. »
[Signatures]
  • Registre paroissial de Marseille Saint-Martin
  • Acte découvert par Sabine Rousset-Rouvière et Odette Le Batard

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