
En 1684, dans le haut pays provençal de La Cluse, la longévité de Louise Saulse défie les normes biologiques du Grand Siècle, où l’espérance de vie moyenne stagne autour de vingt-cinq ans en raison des crises frumentaires et des épidémies. Ce récit paroissial dépeint une figure de veuve dont la survie exceptionnelle, bien que sujette aux approximations mémorielles des anciens, lui confère une aura de sainteté laïque. L’administration des derniers sacrements par le prieur Oddoul souligne l’importance de la « belle mort » catholique, un idéal social où la lucidité mentale prime sur la déchéance physique.
« J’ai assisté ce second de mars de l’année mil six cent quatre-vingt quatre de l’incarnation de N. S J. Christ aux funérailles de Louise Saulse veuve de Jame Beynet âgée environ de six vingt ans selon le témoignage des plus anciens. Elle est décédée le premier du même mois et s’est munie de tous les sacrements nécessaires à savoir de la pénitence, du Saint Viatique de l’adorable corps de J.C. et de l’extrême-onction.
Sainte avec un bon et solide raisonnement rempli de piété et de bonne édification pour tous les assistants et de si grande patience qu’elle a jeté l’admiration dans tous les esprits de ceux qui sont été présents à cause du grand nombre d’années qu’elle avait sur son dos. Elle est morte dans des témoignages de notre Sainte Religion et très catholique. Elle a été enterrée dans le cimetière de l’église paroissiale de Saint-Michel de La Cluse, ainsi le certifie, Oddoul prêtre prieur et curé de La Cluse. »
- Registre paroissial de la Cluse (Hautes-Alpes), Archives départementales des Hautes-Alpes, 5 MI 301.
- Texte transmis par Claude Piot
