Mort congelé (Graveson, 14 février 1658)

Au milieu du XVIIe siècle, la Provence subit les rigueurs du Petit Âge Glaciaire, où des hivers exceptionnels paralysent la vallée du Rhône. Ce décès survenu à Graveson en février 1658 témoigne de la violence du climat sur les corps sous-alimentés de l’époque. Médicalement, l’hypothermie sévère entraîne une léthargie rendant impossible toute interaction religieuse. Pour les contemporains, l’absence de derniers sacrements constitue une tragédie spirituelle majeure. Antoine Boyran, simple voyageur ou travailleur saisonnier originaire de Villeneuve, se retrouve ainsi privé de l’extrême-onction, ce qui oblige le curé à justifier cette sépulture exceptionnelle en terre consacrée malgré l’absence de confession préalable.

« L’an mil six cens cin­quante huict et le qua­torze de feb­vrier, a été en­se­ve­ly dans le ci­me­tière de la pa­roisse An­thoi­ne Boy­ran de Vil­le­neuve-lez-Avi­gnon, n’ayant pas été con­fessé ni reçu au­cun sa­cre­ment à cause qu’il fut trou­vé con­ge­lé du froid, l’âme duquel requiescat in pace. »

graveson-panorama

  • Registre paroissial de Graveson
  • Anecdote citée par Jean-Raoul Jourdan
  • Photographie : Vue générale de Graveson. DR.

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