Bagarre au village (Carcès, 7 mars 1858)

Ce fait divers survenu à Carcès en 1858 met en scène deux figures centrales de la Provence rurale du XIXe siècle : le marchand épicier et le cultivateur. Dans cette société varoise, le crédit informel pour des sommes dérisoires lie les habitants, transformant souvent une dette de 2 francs 50 en une question d’honneur explosant dans l’espace social du café. L’usage immédiat du couteau révèle une culture de la violence d’hommes habitués au port d’outils tranchants. Médicalement, une telle blessure à l’œil, en l’absence d’asepsie, condamnait presque certainement la victime à l’énucléation ou à une infection grave.

« On nous écrit de Car­cès que le 7 mars, dans le ca­fé te­nu par le sieur Am­baud Hi­laire, une rixe a eu lieu en­tre les nom­més Rou­mieux, mar­chand épi­cier, et Ber­nard Jo­seph, cul­ti­va­teur. La con­tes­ta­tion pro­ve­nait de la som­me de 2 francs 50 centimes que celui-ci devait au premier.
Au moment qu’il s’acquittait, des paroles injurieuses furent proférées de part et d’autre. Roumieux a fini par porter un violent coup de couteau sur l’œil gauche de son adversaire.

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Mis l’un et l’autre à la porte et pendant que Bernard lavait sa blessure à la fontaine voisine, Roumieux, le couteau à la main, aborde de nouveau Bernard. Celui-ci, armé de la même manière, s’est vengé contre son adversaire et l’a grièvement blessé. La justice informe. »
  • Source : Le Var, 14 mars 1858.
  • Photographie : Carcès, le café et la fontaine. DR.

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