Biographies Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/biographies/ 500 ans de faits divers en Provence Tue, 19 May 2026 18:05:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Biographies Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/biographies/ 32 32 Jean Augustin de Foresta (1501-1564) : un grand magistrat face aux tourmentes de la Renaissance https://www.geneprovence.com/jean-augustin-de-foresta-1501-1564-un-grand-magistrat-face-aux-tourmentes-de-la-renaissance/ https://www.geneprovence.com/jean-augustin-de-foresta-1501-1564-un-grand-magistrat-face-aux-tourmentes-de-la-renaissance/#respond Thu, 14 May 2026 18:50:35 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28240 Le XVIe siècle provençal est une période de contrastes violents, où l’éclat de la Renaissance se heurte à la montée des tensions confessionnelles. Au cœur de ce tumulte, la figure…

L’article Jean Augustin de Foresta (1501-1564) : un grand magistrat face aux tourmentes de la Renaissance est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le XVIe siècle provençal est une période de contrastes violents, où l’éclat de la Renaissance se heurte à la montée des tensions confessionnelles. Au cœur de ce tumulte, la figure de Jean Augustin de Foresta s’impose comme celle d’un serviteur de l’État d’une intégrité rare. Premier président au Parlement de Provence de 1558 à 1564, il fut l’un des piliers de l’ordre judiciaire dans une région alors au bord de la rupture.

Une ascension au sein de la « noblesse de robe »

Jean Augustin de Foresta est né à Aix-en-Provence aux alentours de 1501. Issu d’une famille dont l’ascension sociale illustre parfaitement la fusion entre le négoce et la magistrature, il est le fils de Christophe de Foresta, lui-même conseiller au Parlement. Cette lignée, qui s’ancrera profondément dans la terre de Trets, représente cette aristocratie de fonctions qui, par le savoir et le droit, devient le véritable relais du pouvoir royal en province.
Reçu conseiller au Parlement de Provence en 1522, Jean Augustin y forge sa réputation. Sa connaissance du droit et sa sagesse lui permettent de gravir les échelons de l’institution aixoise. En 1554, il est nommé président à mortier, avant d’atteindre le sommet de sa carrière le 19 juillet 1558, date à laquelle il est installé dans la charge de Premier président, succédant à Jean Maynier d’Oppède.

Un mandat sous le signe du compromis et de la fermeté

Le mandat de Foresta (1558-1564) coïncide avec les prémices des Guerres de Religion. En tant que chef de la justice, il doit faire face à l’émergence du calvinisme dans les grandes cités comme Aix et Marseille, mais aussi dans les campagnes.
Sa mission est double : maintenir l’autorité de la Couronne et préserver la paix civile. Foresta se distingue par une approche que l’on pourrait qualifier de modérée pour l’époque. S’il reste un catholique convaincu, il cherche avant tout à faire appliquer les édits de pacification envoyés par la régente Catherine de Médicis. Il doit notamment gérer l’épineuse application de l’Édit de Janvier (1562), qui accordait une liberté de culte restreinte aux protestants.
Cette position n’est pas sans risque. Le Parlement de Provence est alors traversé par des courants ultra-catholiques radicaux. Foresta, par son autorité, tente de contenir les débordements et d’éviter que la justice ne devienne un simple instrument de vengeance religieuse. Son passage à la tête de la cour est marqué par une volonté de « tempérer les passions par la règle », un crédo qui lui vaudra le respect, bien que posthume, des historiens de la magistrature.

L’enracinement seigneurial : la baronnie de Trets

Comme tout grand magistrat aixois, Jean Augustin de Foresta transforme sa puissance judiciaire en puissance foncière. En 1553, il acquiert la baronnie de Trets. Ce domaine devient le fief de la famille, marquant son passage définitif de la bourgeoisie parlementaire à la noblesse de terre.
Il y fait régner une administration rigoureuse, s’attachant à restaurer les droits seigneuriaux tout en protégeant les populations locales des exactions des bandes armées qui commencent à infester la région. Cette double identité, entre le palais de justice aixois et les terres du haut de l’Arc, définit l’équilibre de sa fin de vie.

Mort et postérité d’un homme « de grand savoir »

Jean Augustin de Foresta s’éteint en fonction le 24 août 1564. Il meurt à un moment charnière, juste avant que la Provence ne sombre dans les décennies les plus sombres des conflits religieux.
L’historiographie provençale a gardé de lui l’image d’un magistrat d’une droiture absolue. Pitton, dans ses chroniques, souligne son « éloquence naturelle et sa grande connaissance des lois ». Il laisse derrière lui une lignée qui continuera de servir la Provence et la France pendant plusieurs siècles.

Sources et bibliographie pour approfondir

  • Jean-Scholastique Pitton, Histoire de la ville d’Aix, capitale de la Provence, Aix, 1666. (Source primaire essentielle pour la vie des présidents).
  • Balthasar de Clapiers-Collongues, Chronologie des officiers des Cours souveraines de Provence, Édition de la Société d’Études Provençales, 1904.
  • Archives Départementales des Bouches-du-Rhône (Série B) : Registres des délibérations du Parlement de Provence pour la période 1558-1564.
  • Prosper Cabasse, Essais historiques sur le Parlement de Provence, depuis son origine jusqu’à sa suppression, Paris, 1826.

L’article Jean Augustin de Foresta (1501-1564) : un grand magistrat face aux tourmentes de la Renaissance est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/jean-augustin-de-foresta-1501-1564-un-grand-magistrat-face-aux-tourmentes-de-la-renaissance/feed/ 0
Joseph-Toussaint Avril (1775-1841), le Manosquin qui a donné ses lettres à la langue provençale https://www.geneprovence.com/joseph-toussaint-avril-1775-1841-le-manosquin-qui-a-donne-ses-lettres-a-la-langue-provencale/ https://www.geneprovence.com/joseph-toussaint-avril-1775-1841-le-manosquin-qui-a-donne-ses-lettres-a-la-langue-provencale/#respond Tue, 03 Feb 2026 12:10:40 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27429 Une figure de l’érudition et du commerce à Manosque Né le 1er novembre 1775 à Manosque, Joseph-Toussaint Avril est l’une de ces figures régionales dont l’héritage, bien que fondamental, a…

L’article Joseph-Toussaint Avril (1775-1841), le Manosquin qui a donné ses lettres à la langue provençale est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Représentation imaginaire de Joseph-Toussaint Avril, en l’absence de portrait le représentant.

Une figure de l’érudition et du commerce à Manosque

Né le 1er novembre 1775 à Manosque, Joseph-Toussaint Avril est l’une de ces figures régionales dont l’héritage, bien que fondamental, a été partiellement éclipsé par les mouvements littéraires ultérieurs. Fils de François Avril, maître menuisier, et de Madeleine Eymar, il grandit rue d’Aubette, au cœur de la ville qui sera le théâtre de toute sa vie.
Après une scolarité locale, le jeune Toussaint se tourne vers le commerce, faisant son apprentissage à Marseille dans le négoce du drap. De retour dans sa ville natale, il s’établit comme marchand drapier. Son succès dans les affaires est notable, puisqu’il accèdera plus tard à la présidence du Tribunal de commerce de Manosque.
En 1802, à l’âge de 27 ans, il épouse Thérèse Lieautaud, issue d’une famille de négociants manosquins, avec qui il aura huit enfants. La famille emménage en 1808 dans une demeure de la rue des Marchands, maison qui sera plus tard signalée par une plaque commémorative.
Acte de naissance de Joseph-Toussaint Avril, Manosque, paroisse Saint-Sauveur, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0030.

L’œuvre d’une vie : Le dictionnaire provençal-français

Parallèlement à ses activités professionnelles, Toussaint Avril se consacre à sa passion pour la culture et la langue provençales. En 1826, il publie notamment une chanson descriptive de la fête patronale de Manosque, la Sant Brancaï, célébrée le 12 mai.
Son œuvre maîtresse, celle pour laquelle il est passé à la postérité, est son monumental Dictionnaire provençal-français, suivi d’un Vocabulaire français-provençal.
Publié en 1839 chez un imprimeur d’Apt (E. Cartier), cet ouvrage est un témoignage précieux de l’état de la langue d’Oc au début du XIXe siècle. Avril avait l’ambition de réaliser un outil utile à tout Provençal, quel que soit son lieu de vie. Pour y parvenir, il a cherché à inclure à la fois les termes déjà répertoriés dans les dictionnaires précédents, mais aussi et surtout, ceux qui y étaient omis.

Un regard unique sur l’économie rurale

Ce qui distingue le dictionnaire de J.-T. Avril, c’est son orientation spécifique vers le terrain. L’auteur a intégré un grand nombre de termes en rapport avec l’économie rurale.
Dans son introduction, il indique vouloir ainsi combler l’attente d’une population agricole, qui, selon lui, n’avait pu se satisfaire entièrement dans aucun des dictionnaires provençaux publiés jusqu’alors. L’ouvrage est riche non seulement en définitions, genres et acceptions, mais également en observations relatives à l’histoire naturelle et, bien sûr, à l’économie rurale.
En 1840, Avril enrichit encore son œuvre littéraire avec la publication d’un recueil de chants de Noël provençaux et français, intitulé La Lyre de Judée.
Joseph-Toussaint Avril s’éteint quelques années seulement après la parution de son dictionnaire, le 3 mai 1841, à l’âge de 67 ans, à Manosque.

L’héritage durable

Bien qu’il ait précédé le mouvement du Félibrige, l’effort d’Avril est reconnu par les défenseurs de la langue provençale. En 1892, lors du banquet annuel du Félibrige en Provence, une plaque est posée sur sa maison de la rue des Marchands pour rendre hommage au négociant et érudit.
À noter : Malgré son statut et son importance locale, il ne semble pas exister de portrait ou de gravure formellement identifié de Joseph-Toussaint Avril. Son œuvre reste donc le principal reflet de cet érudit.
Son dictionnaire reste une source de premier ordre pour la généalogie et l’histoire locale, offrant un éclairage unique sur les mots et les usages de la Provence au temps de nos aïeux.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 9 mai 1841, p. 3.

L’article Joseph-Toussaint Avril (1775-1841), le Manosquin qui a donné ses lettres à la langue provençale est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/joseph-toussaint-avril-1775-1841-le-manosquin-qui-a-donne-ses-lettres-a-la-langue-provencale/feed/ 0
Jules Gérard, l’explorateur provençal mort en Afrique (septembre 1864) https://www.geneprovence.com/jules-gerard-lexplorateur-provencal-mort-en-afrique-septembre-1864/ https://www.geneprovence.com/jules-gerard-lexplorateur-provencal-mort-en-afrique-septembre-1864/#respond Mon, 10 Nov 2025 19:52:37 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26696 Dans le courant du mois de septembre 1864 commença à courir dans toute la France, et principalement en Provence dont il était originaire, le bruit de la mort d’un célèbre…

L’article Jules Gérard, l’explorateur provençal mort en Afrique (septembre 1864) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Dans le courant du mois de septembre 1864 commença à courir dans toute la France, et principalement en Provence dont il était originaire, le bruit de la mort d’un célèbre chasseur de lions en Afrique, Jules Gérard, de Pignans (Var).
Surnommé « le tueur de lions », Jules Gérard, était avant toute chose un militaire. Né le 14 juin 1817, il s’était engagé dans les spahis en Algérie où il s’était fait une réputation en abattant de nombreux lions, ce qui lui valut la Légion d’honneur et l’estime de personnalités influentes en France. Ses exploits furent relatés dans la presse et dans des romans de l’époque. On dit notamment qu’Alphonse Daudet s’inspira de sa vie pour l’écriture du roman Tartarin de Tarascon (1872), qui décrivait les aventures d’un chasseur de lions provençal en Algérie.
Devenu capitaine, Jules Gérard se consacra à l’exploration de l’Afrique subsaharienne, fondant même une société pour ses expéditions. Ne trouvant pas de financement en France, il se tourna vers les Britanniques.

L’expédition du héros

Gérard en 1865, dessin paru dans L’Illustration, journal universel, 7 janvier 1865.
Rapidement après sa mort, la presse française et les rumeurs suggérèrent que le héros avait perdu la vie lors d’une expédition au royaume de Dahomey, mais ces rumeurs furent promptement démenties.
Aussi ne savait-on pas réellement ce qu’il était advenu de Gérard.
Ce fut finalement le consul de France au Sierra-Leone, J. Braouézec, qui confirma la triste nouvelle.
L’ancien tueur de lions s’était rendu sur la côte occidentale d’Afrique, muni des instructions de la Société royale géographique de Londres et avec l’appui de plusieurs personnages de la noblesse anglaise. Son intention était d’accomplir une exploration dans l’intérieur des terres. Il s’était d’abord proposé de visiter la chaîne de Kong, en Guinée septentrionale, qui jusqu’alors n’avait été parcourue par aucun Européen.
Parti d’Angleterre dans les derniers mois de 1863, il se rendit à Wyddals, et de là pénétra dans le royaume de Dahomey, d’où il datait une de ses dernières lettres adressées au duc de Wellington.
Après avoir inutilement essayé de pénétrer par le Dahomey, dans l’intérieur de l’Afrique, Jules Gérard vint au Sierra Leone avec une lettre de recommandation de M. Brossard de Corbiny, chef de la station du golfe de Guinée, pour M. Braouézec. Les Anglais de Sierra Leone lui fournirent immédiatement de nouveaux moyens de voyager. Un navire de guerre commandé par M. Cochrane, fils du célèbre lord du même nom, le transporta aux environs de la rivière Gallinas.
Quelques jours après sa mise à terre, il perdit tous ses bagages et se réfugia dans le Sherboro, où les Français résidents se firent un devoir de l’aider de tous leurs moyens.
Il partait donc ravitaillé de nouveau du village de Begboum, au mois de mai ou au mois de juin 1864, lorsque, à deux heures de marche, il fut encore complètement pillé et obligé de revenir dans le même village, où il attendit, pour se remettre en route, la fin de la saison des pluies.

La mort de Jules Gérard

Cependant, ses ressources s’étant totalement épuisées, il voulut retourner quand même au Sierra-Leone mais se noya en traversant le Jong, grossi par les pluies. Cette rivière charriait une énorme quantité de limon et de débris de mangliers et de palétuviers qui venaient former des îles flottantes dans le canal du Sherboro.
La mort était donc de toute évidence accidentelle. Il fallut attendre plusieurs années pour qu’une autre réalité se dessine. Victor de Compiègne (1846-1877), un autre explorateur de l’Afrique, lui aussi mort tragiquement, mais lors d’un duel, déclara dans un ouvrage que Jules Gérard était tombé dans une embuscade, probablement tendue par ses porteurs africains. Il prétendit que ceux-ci avaient cherché à se venger de leur maître qui usait fréquemment de mauvais traitements envers ceux-ci. Ils profitèrent d’ailleurs de sa mort pour emporter son arsenal de chasse.
L’héritage de Gérard demeure donc complexe, partagé entre le mythe du héros explorateur et une fin brutale, reflet des tensions et des dangers inhérents aux expéditions de l’époque en Afrique.
  • Sources : L’Annonciateur, édition du 10 décembre 1864, p. 3.

L’article Jules Gérard, l’explorateur provençal mort en Afrique (septembre 1864) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/jules-gerard-lexplorateur-provencal-mort-en-afrique-septembre-1864/feed/ 0
Prosper Estieu et son poème à Virginie P. https://www.geneprovence.com/prosper-estieu-et-son-poeme-a-virginie-p/ https://www.geneprovence.com/prosper-estieu-et-son-poeme-a-virginie-p/#respond Sun, 06 Oct 2024 17:45:45 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22619 Prosper Estieu n’est pas directement lié à la Provence, mais il a été un acteur important du mouvement félibréen, qui a été fondé en Provence par Frédéric Mistral et d’autres…

L’article Prosper Estieu et son poème à Virginie P. est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Prosper Estieu n’est pas directement lié à la Provence, mais il a été un acteur important du mouvement félibréen, qui a été fondé en Provence par Frédéric Mistral et d’autres poètes provençaux. Le Félibrige est une association littéraire et culturelle dédiée à la défense et à la promotion de la langue et de la culture occitanes, incluant la Provence.

Estieu, bien que principalement actif dans le Languedoc et le Lauragais, a contribué à la diffusion des idées félibréennes et à la réforme de la graphie occitane, influençant ainsi l’ensemble de la région occitane, y compris la Provence. Son travail a aidé à renforcer les liens culturels et linguistiques entre les différentes régions occitanes.

Biographie

Prosper Estieu (7 juillet 1860 – 11 décembre 1939) était un poète et instituteur français, né à Fendeille dans l’Aude et décédé à Pamiers dans l’Ariège1.
Il est surtout connu pour son rôle dans le mouvement félibréen, une association dédiée à la promotion de la langue et de la culture occitanes, fondée en Provence par Frédéric Mistral2. Estieu a fondé plusieurs écoles félibréennes, dont l’Escola Audenco à Carcassonne en 18923.
Avec Antonin Perbosc, il a entrepris une réforme graphique de l’occitan, qui a jeté les bases de la graphie classique utilisée aujourd’hui4.
Ses œuvres poétiques incluent des recueils tels que « Lou Terradou » (1895) et « Flors d’Occitania » (1906)5.
En 1900, il a été élu Majoral du Félibrige, reconnaissant ainsi son immense contribution à la culture occitane6.

À Virginie P.

Le 1er août 1880, l’hebdomadaire arlésien L’Homme de bronze publie, dans son 42e numéro (1re année), page 3, un sonnet écrit l’année précédente par Prosper Estieu. Le poème est intitulé “À Virginie P.” mais, dans sa version moderne, nous l’appellerons plus sobrement “Virginie”.
Nous avons donc le plaisir de vous présenter cette nouvelle chanson qui rend hommage à Prosper Estieu. Les paroles de cette chanson sont tirées de ce sonnet, mais la musique est résolument moderne. Nous l’avons imaginée avec des accents latino. Ce mélange unique vise à faire découvrir ou redécouvrir cet auteur aux jeunes générations.
En modernisant la musique, nous espérons rendre les œuvres d’Estieu plus accessibles et attrayantes pour les jeunes, tout en respectant l’essence de ses écrits. Cette initiative est une invitation à plonger dans la richesse de la poésie occitane et à apprécier la beauté intemporelle des sonnets de Prosper Estieu.

Aux générations plus anciennes

Nous comprenons que l’association de paroles aussi vénérables avec une musique contemporaine puisse surprendre. Cependant, notre intention est de redonner vie à l’œuvre de cet auteur remarquable et d’inciter les jeunes à découvrir ses magnifiques sonnets.
Nous espérons que vous accueillerez cette initiative avec bienveillance et que vous partagerez notre enthousiasme pour faire connaître Prosper Estieu à une nouvelle génération de lecteurs.

L’article Prosper Estieu et son poème à Virginie P. est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/prosper-estieu-et-son-poeme-a-virginie-p/feed/ 0
Claude-Baptistin Bénoit, l’épicier d’Endoume : une vie entre huile d’olive et trépassés (Marseille, 1868) https://www.geneprovence.com/claude-baptistin-benoit-lepicier-dendoume-une-vie-entre-huile-dolive-et-trepasses-marseille-1868/ https://www.geneprovence.com/claude-baptistin-benoit-lepicier-dendoume-une-vie-entre-huile-dolive-et-trepasses-marseille-1868/#respond Tue, 10 Sep 2024 09:14:52 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22146 L’épicier d’Endoume Le journal Le Petit Marseillais, dans son édition du 21 avril 1868, évoquait la figure d’un honnête Marseillais, figure illustre d’Endoume, qui exerçait la modeste profession d’épicier. Nous…

L’article Claude-Baptistin Bénoit, l’épicier d’Endoume : une vie entre huile d’olive et trépassés (Marseille, 1868) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

L’épicier d’Endoume

Le journal Le Petit Marseillais, dans son édition du 21 avril 1868, évoquait la figure d’un honnête Marseillais, figure illustre d’Endoume, qui exerçait la modeste profession d’épicier. Nous n’avons malheureusement pas trouvé trace de son décès. Il remonte probablement au milieu du XIXe siècle.
Claude-Baptistin Bénoit, un nom qui résonnait encore en 1868 dans les ruelles d’Endoume, était bien plus qu’un simple épicier. Ce Marseillais pur souche, né et élevé au cœur de sa ville, incarnait à lui seul une certaine idée du commerce traditionnel et de l’attachement à ses racines.
Installé entre la place Vieille et la place Castellane, son épicerie était bien plus qu’un simple magasin. C’était un lieu de vie, un point de rencontre où les habitants du quartier venaient non seulement faire leurs courses, mais aussi échanger quelques mots avec le bonhomme Benoît. Son rêve ? Un avenir paisible à Endoume, loin de l’agitation de la ville, une fois la petite fortune de cent mille francs amassée.

Une passion inattendue

Mais le destin en décida autrement. Plus il se rapprochait de son objectif financier, plus il s’attachait à son commerce. Les barriques de cassonade, les épices exotiques et les clients fidèles devinrent ses compagnons de tous les jours. Il finit par trouver un plaisir inattendu dans cette vie simple et rythmée par les allées et venues des clients.
Et puis, il y eut cette découverte inattendue : une véritable passion pour les obsèques. Bénoit était de tous les convois funèbres, réconfortant les familles endeuillées et accompagnant les défunts jusqu’à leur dernière demeure. Il prenait un malin plaisir à jeter une poignée de terre sur les tombes, comme pour sceller son lien avec la communauté et avec ceux qui l’avaient quitté.
Un jour, un Parisien, perdu dans les allées de son épicerie, lui posa une question qui le laissa sans voix : « Comment on pêche les sardines à l’huile ? » Cette naïveté parisienne le fit éclater de rire et le convainquit définitivement de ne jamais quitter sa ville natale.

Un héritage marseillais

À sa mort, tout Marseille pleura son épicier. Les discours prononcés lors de ses obsèques furent empreints d’une grande émotion, mêlée d’une pointe d’humour. On se souvenait longtemps après sa mort de celui qui avait raconté l’histoire de la question sur les sardines, provoquant un éclat de rire général.
Et si Bénoit n’a jamais pu s’offrir la retraite paisible à Endoume dont il rêvait, il avait laissé derrière lui bien plus qu’une simple épicerie : le souvenir d’un homme attachant, profondément enraciné dans sa ville et dans ses traditions, un homme qui savait trouver du bonheur dans les petites choses de la vie.
Dans les années 1860, lorsque l’on se promenait dans les rues d’Endoume, on ne pouvait s’empêcher de penser à Claude-Baptistin Bénoit et à tous ceux qui, comme lui, avaient fait de cette ville un lieu unique où il faisait bon vivre.
  • Sources : Le Petit Marseillais, 21 avril 1868, p. 3.

L’article Claude-Baptistin Bénoit, l’épicier d’Endoume : une vie entre huile d’olive et trépassés (Marseille, 1868) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/claude-baptistin-benoit-lepicier-dendoume-une-vie-entre-huile-dolive-et-trepasses-marseille-1868/feed/ 0
Pierre-Scipion Payan (1808-1868), un pionnier de la médecine https://www.geneprovence.com/pierre-scipion-payan-1808-1868-pionnier-de-medecine/ https://www.geneprovence.com/pierre-scipion-payan-1808-1868-pionnier-de-medecine/#respond Sun, 24 Mar 2024 11:00:12 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=20002 Pierre-Scipion Payan, un médecin et chirurgien français du XIXe siècle, laissa une marque indélébile dans le paysage médical de la Provence. Né à Montpellier en 1829, il débuta ses études…

L’article Pierre-Scipion Payan (1808-1868), un pionnier de la médecine est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

docteur-scipion-payan

Pierre-Scipion Payan, un médecin et chirurgien français du XIXe siècle, laissa une marque indélébile dans le paysage médical de la Provence. Né à Montpellier en 1829, il débuta ses études médicales dans cette ville avant de poursuivre sa formation dans les prestigieuses institutions de la région.
Sa carrière prit son envol lorsqu’il fut nommé au concours chirurgien interne des hôpitaux d’Avignon en 1832, puis de Marseille en 1831. Sa renommée grandit rapidement, ce qui le conduisit à être nommé chirurgien chef interne de l’hôpital d’Aix-en-Provence en septembre de la même année. Son engagement envers la santé et le bien-être de la population locale fut évident dès le début.
Vers 1835, Pierre-Scipion Payan fut désigné comme chirurgien en chef de l’hôpital d’Aix, un poste qu’il occupa jusqu’en 1866, date à laquelle il devint chirurgien en chef honoraire.
C’est en 1835 que la commission administrative des hospices l’envoya à Paris avec la mission spéciale d’étudier la lithotritie, une technique alors totalement novatrice dans le traitement de la maladie de la pierre, nom que l’on donnait alors aux calculs rénaux. Jamais avant lui, on n’avait tenté cette opération en Provence.
Son premier patient fut un négociant renommé d’Aix-en-Provence qui souffrait depuis longtemps de calculs qui le faisaient terriblement souffrir. L’opération fut un succès.
Au cours de sa carrière médicale, le docteur Payan fut reconnu pour ses travaux novateurs dans le domaine de la médecine. Il remporta plusieurs prix et médailles prestigieuses pour ses recherches, notamment sur l’utilisation de l’iodure de potassium dans le traitement des maladies syphilitiques et des maladies scrofuleuses. Ses contributions furent largement saluées et eurent un impact significatif sur la pratique médicale dans la région.
En reconnaissance de ses réalisations exceptionnelles, Payan fut élu correspondant national de l’Académie de médecine pour la division de chirurgie en 1846. Son héritage médical perdura encore aujourd’hui dans la région de la Provence, où il était toujours vénéré comme l’un des pionniers de la médecine locale.
  • Sources : Comité des travaux historiques et scientifiques, CTHS
  • Le Mémorial d’Aix, 15 septembre 1838, p. 2, 3.

L’article Pierre-Scipion Payan (1808-1868), un pionnier de la médecine est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/pierre-scipion-payan-1808-1868-pionnier-de-medecine/feed/ 0
Geo Malleval (1877-1937), procureur de la République à Aix https://www.geneprovence.com/geo-malleval-1877-1937-procureur-de-republique-a-aix/ https://www.geneprovence.com/geo-malleval-1877-1937-procureur-de-republique-a-aix/#respond Sun, 28 Apr 2019 00:37:20 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16699 Geo Malleval, de son nom complet Georges Louis Malleval, est né à Marseille le 10 mai 1877, de Désiré Fortuné Séverin Mallevalle, vérificateur des douanes, né vers 1846, et d’Angélique…

L’article Geo Malleval (1877-1937), procureur de la République à Aix est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Géo Mallevalle, procureur de la République, en 1935. Photo : © Le Détective, n°373. DR.
Geo Mallevalle, procureur de la République, en 1935. Photo : © Le Détective, n°373. DR.
Geo Malleval, de son nom complet Georges Louis Malleval, est né à Marseille le 10 mai 1877, de Désiré Fortuné Séverin Mallevalle, vérificateur des douanes, né vers 1846, et d’Angélique Dromocaïti, née vers 1851, au no 58 de la rue Thubaneau, à deux pas de la Canebière.
Après avoir fait de brillantes études, il s’inscrit en 1905 au barreau de Bordeaux (Gironde). L’année suivante, il épouse, toujours à Bordeaux, Mlle Marie-Cécile-Antoinette Pélisson (8 août 1906).
Lorsque la Guerre éclate, Geo Malleval s’engage et sert notamment au Proche-Orient, où il se distingue par une conduite exemplaire. En France, il est blessé par deux fois, et reçoit la Croix de Guerre et la Médaille militaire. Après le conflit, il rentre à Bordeaux.
Le 8 mars 1920, il y épouse Marie-Antoinette-Juliette Massy.
En 1922, il est élu conseiller général dans le canton de Saint-Tropez (Var). Il siège dès lors, pour quatre ans, au Conseil général du Var comme vice-président.
Un autre portrait de Geo Malleval, semble-t-il en 1936. DR.
Un autre portrait de Geo Malleval, semble-t-il en 1936. DR.
Le 26 janvier 1926, il entre dans la magistrature et est nommé juge à Aix-en-Provence. En 1930, il est nommé au même poste, mais à Marseille. L’année suivante, il devient juge d’instruction.
Au sommet de sa carrière, il devient, en janvier 1837, à l’âge de 60 ans, procureur de la République à Aix. Quelques jours plus tard, le 8 février 1837, il épouse pour la seconde fois Antoinette Massy.
Geo Malleval jouit, dans le milieu de la magistrature, d’une excellente réputation. L’homme est très estimé par ses pairs, aimé par tous les gens qu’il côtoie qui lui trouve beaucoup de « courtoisie et d’affabilité ». On lui accorde aussi « un don d’intuition et un esprit de décision remarquables ». Une autre source le qualifie d’homme « d’une compétence rare et d’une intégrité absolue ». Aussi, c’est avec stupeur que, à l’occasion d’une banale opération chirurgicale, on apprend qu’il est décédé soudainement le 31 mars 1937.

L’article Geo Malleval (1877-1937), procureur de la République à Aix est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/geo-malleval-1877-1937-procureur-de-republique-a-aix/feed/ 0
Adolphe Defarge (1836-1910), maire de Manosque https://www.geneprovence.com/adolphe-defarge-1836-1910-maire-manosque/ https://www.geneprovence.com/adolphe-defarge-1836-1910-maire-manosque/#respond Sun, 30 Jul 2017 08:42:45 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16357 Adophe Étienne Marius Defarge est né à Manosque le 22 août 1836, d’un père tailleur, Jean Baptiste Marius Defarge (né en 1809), et de Marie Anne Apollonie Roux (née en…

L’article Adolphe Defarge (1836-1910), maire de Manosque est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Adolphe Defarge. DR.
Adolphe Defarge. DR.
Adophe Étienne Marius Defarge est né à Manosque le 22 août 1836, d’un père tailleur, Jean Baptiste Marius Defarge (né en 1809), et de Marie Anne Apollonie Roux (née en 1812), dans la maison familiale du 26, rue Guilhempierre.
Exerçant la profession de commerçant en tissus, il entre en politique en 1869, à l’âge de 33 ans, en devenant conseiller municipal. Devenu maire en 1888, il applique ses idées progressistes et fait la promotion de l’enseignement secondaire gratuit.
Il devient député de l’arrondissement de Forcalquier le 27 avril 1902 en battant Martial Sicard, mais élu sénateur l’année suivante (22 février 1903), il quitte sa fonction de député.
La rue Defarge à Manosque
La rue Defarge à Manosque (04).
Il meurt accidentellement à Paris le 4 juillet 1910, à l’âge de 73 ans. Après avoir passé quelques jours à Faremoutiers (Seine-et Marne), chez des amis, il rentrait à Paris en direction de l’hôtel du Liban (4, rue de la Grange-Batelière) où il avait ses habitudes, quand il est heurté par une automobile à l’intersection du boulevard Magenta et de la rue de Chabrol, alors qu’il sortait de la gare de l’Est et traversait le boulevard. L’automobile en question est une auto-taxi de place, no329X5. Aussitôt, deux soldats du 51e de ligne se portent à son secours et le transportent à l’hôtel du Nord, où loge Édouard Barthe, député de l’Hérault.
Transporté dans un état critique à l’hôpital Lariboisière, il meurt le lendemain matin à 10 heures sans avoir repris connaissance. Sa famille à Manosque est aussitôt avertie par télégraphe.
Lors de son oraison funèbre, Antonin Dubost déclare :
« C’était un républicain de la veille et quand il rappelait l’ardeur combative de ses premières luttes, sous l’Empire, on sentait chez lui des convictions aussi jeunes et aussi ardentes qu’au premier jour.
Elles lui avaient gagné ici l’estime générale à laquelle s’ajoutait l’amitié de tous ceux qui avaient éprouvé sa bonté – sa fidélité – s’il avait été moins modeste, il aurait pu du reste se vanter d’avoir réalisé une œuvre admirable d’égalité sociale, en instituant au collège de Manosque, l’enseignement secondaire entièrement gratuit, initiative presque unique en France, et qui, de loin, marque leur devoir aux générations qui nous suivront. »

L’article Adolphe Defarge (1836-1910), maire de Manosque est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/adolphe-defarge-1836-1910-maire-manosque/feed/ 0
Madame Garcia-Beyrot, artiste de théâtre d’Avant-Guerre https://www.geneprovence.com/madame-garcia-beyrot-artiste-de-theatre-davant-guerre/ https://www.geneprovence.com/madame-garcia-beyrot-artiste-de-theatre-davant-guerre/#respond Thu, 08 Jun 2017 00:22:46 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16228 Madame Garcia Beyrot fait partie de cette grande famille des gens du théâtre d’avant-guerre dont nous ne savons malheureusement rien ou si peu. Aussi, tout renseignement la concernant sera forcément…

L’article Madame Garcia-Beyrot, artiste de théâtre d’Avant-Guerre est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Madame Garcia Beyrot. DR.
Madame Garcia Beyrot. DR.
Madame Garcia Beyrot fait partie de cette grande famille des gens du théâtre d’avant-guerre dont nous ne savons malheureusement rien ou si peu.
Aussi, tout renseignement la concernant sera forcément bienvenu. De son nom nous devinerons des origines espagnoles et, peut-être, un mariage avec un certain Beyrot, qui pourrait avoir été artiste comique. Car, lorsque la presse de l’époque l’évoque, elle indique bien que c’est une femme jeune et mariée.
En 1911, elle joue plusieurs représentations au Casino de Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) et on lui reconnaît volontiers « un talent exquis » dans l’interprétation des rôles qui lui sont confiés. « Charmante jeune femme », elle joue plusieurs rôles au théâtre dont la liste ci-dessous ne saurait être exhaustive :
  • Josette, dans Mademoiselle Josette ma femme,
  • Jacqueline, dans L’amour veille,
  • Benjamine, dans La Petite Chocolatière,
  • Blanchette, dans Blanchette,
  • Cyprienne, dans Divorçons,
  • Madame Scott, dans L’Abbé Constantin,
  • Clorinde, dans L’Aventurière,
  • La duchesse de Chailles, dans Duel, de Henri Lavedan.
Rappelons donc combien nous serions ravis d’apprendre davantage de renseignements sur la vie et la carrière de cette artiste de théâtre.

L’article Madame Garcia-Beyrot, artiste de théâtre d’Avant-Guerre est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/madame-garcia-beyrot-artiste-de-theatre-davant-guerre/feed/ 0
Victor Sarrazin (1879-1951), prêtre haut-alpin en Amérique https://www.geneprovence.com/victor-sarrazin-1879-1986-pretre-haut-alpin-en-amerique/ https://www.geneprovence.com/victor-sarrazin-1879-1986-pretre-haut-alpin-en-amerique/#respond Sun, 13 Dec 2015 17:37:22 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=15693 Les prêtres nommés à la tête des paroisses de l’archidiocèse de la Nouvelle-Orléans de 1860 à 1920 sont en grande majorité issus du clergé français. C’est l’effet d’une forte demande…

L’article Victor Sarrazin (1879-1951), prêtre haut-alpin en Amérique est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Les prêtres nommés à la tête des paroisses de l’archidiocèse de la Nouvelle-Orléans de 1860 à 1920 sont en grande majorité issus du clergé français. C’est l’effet d’une forte demande de la part des Acadiens. On sait qu’en 1864 des pétitions ont été adressées à l’évêque de la Nouvelle Orléans pour obtenir des prêtres francophones.
Le père Ferdinand Grimaud semble être le premier prêtre haut-alpin à rejoindre la Louisiane. Il a entraîné à sa suite d’autres prêtres, ordonnés à Gap, dont Paul Alexandre Borel, Paulin Louis Espitallier, Jean Martin Eyraud et Désiré Victor Sarrazin.
Alors que la vie et l’œuvre de Jean Martin Eyraud sont largement décrites sur internet, celles des quatre autres prêtres sont méconnues.
Marcel Sarrazin nous présente ici la vie de Victor Sarrazin.

Biographie de Victor Sarrazin

Portrait du père Victor Sarrazin. DR.
Portrait du père Victor Sarrazin. DR.
Désiré Victor Sarrazin est né le 17 novembre 1879 à La Cluse, dans le hameau des Garcins. C’est l’un des fils de Désiré Victor Sarrazin, et l’aîné des dix enfants dont a accouché son épouse Mélanie Aiguillon.
Parmi ces enfants, Aimé Augustin, né le 28 août 1887, étudiant séminariste en 1907 à Vintimille, Émile Alexandre Ludovic, né le 29 janvier 1890, qui fera un bref séjour en 1913 à Los Angeles chez son cousin Léon Escallier, avant de revenir au mois de septembre 1914 pour participer à la première guerre mondiale, Malvine Léonie Marie, née le 9 octobre 1893, et Louis Élie Hippolyte, né le 29 décembre 1897, qui, soldat du 288e régiment d’infanterie, disparaîtra le 23 octobre 1917 au chemin des Dames.
En 1899, Désiré Victor Sarrazin se présente au conseil de révision. Sa fiche militaire précise qu’il a les cheveux et les sourcils châtains, les yeux roux, le front ordinaire, le nez fort, la bouche moyenne, le menton rond et le visage ovale. Il mesure 1,56 mètre et porte une cicatrice de brûlure au front.
Dispensé du service militaire pour un an en tant qu’élève séminariste, il est incorporé au 22e régiment d’infanterie l’année suivante, du 14 novembre 1900 au 14 septembre 1901.
Il effectuera par la suite deux périodes d’exercices dans la 14e section d’infirmiers militaires à Lyon en 1903 et 1906.

1905 : départ pour l’Amérique

Ordonné prêtre à Gap le 29 juin 1905, il rejoint le père Grimaud à Carencro en Louisiane au début du mois de janvier 1907. Le journal The Lafayette Advertiser, dans son édition du 9 janvier, signale qu’il a quitté la France avec la permission de son évêque et qu’il est en attente d’une affectation dans un diocèse de la Louisiane. Surtout, il précise que la père Sarrazin est un ancien professeur du séminaire d’Embrun victime de la loi de séparation de l’Église et de l’État.
Pour sa part, le Saint Landry Clarion ajoute que le père Sarrazin est un homme possédant beaucoup de talent et plein de zèle dans son activité sacerdotale. Quelques mois plus tard, l’archevêque James H. Blenk nomme le père Sarrazin à Lafayette à l’église Saint-Jean-l’Évangéliste sous la direction du révérend W. J. Teurlings, originaire de Hollande.
Comme tout Français installé en Louisiane, le père Sarrazin a le soin de maintenir et de propager la langue et la culture françaises. Chaque année, il assiste à la remise des prix de la Mont Carmel Academy, en compagnie du juge Campbell, maître de cérémonie, et des pères Teurlings et Sonway. Il s’adresse aux élèves en français, en leur donnant des conseils judicieux et religieux et s’efforce de leur faire comprendre l’importance de la formation et de l’éducation. Tous les auditeurs reconnaissent l’éloquence du père Sarrazin et s’accordent à dire que le style de son discours ainsi que la logique de son argumentation sont remarquables. Et c’est lui qui remet la médaille en or au meilleur élève en langue française.
Nommé responsable de l’église du Sacré-Coeur de Jésus à Port Barre, le 25 juillet 1911, il quitte Lafayette sous une pluie de cadeaux. La section locale des Chevaliers de Colomb lui offre une horloge et un nécessaire de rasage en signe de sa haute estime, et les dames de l’église lui offrent une fiole en argent pour l’Huile sainte, un ciboire en argent, une étole, et un nécessaire de baptême.

Les événements d’Europe

En Europe se déclenche la Première Guerre mondiale. Mis en sursis d’appel pour une durée indéterminée par décision du ministre des affaires étrangères au début du mois de janvier 1915, Désiré Victor Sarrazin voit ce sursis limité au 30 novembre 1916 par décision ministérielle. Il est alors réformé par le consul de France à la Nouvelle Orléans pour malaria chronique, le 7 décembre 1916 puis à nouveau le 24 avril 1917.
Comme tout habitant des États-Unis, le 12 septembre 1918, il est recensé en vue de la conscription. Cette fiche le décrit petit de taille, de constitution robuste, possédant des yeux gris et des cheveux noirs.
Vue générale sur le village de La Cluse et son église. DR.
Vue générale sur le village de La Cluse et son église. DR.
Dans son édition du 28 juin 1919, le Saint Landry Clarion annonce le départ du père Sarrazin et de sa sœur Malvine pour la France et leur village de La Cluse. Leur absence devrait durer environ quatre mois. Le journal précise que le père Sarrazin avait planifié ce départ pour l’année suivante mais qu’il est contraint de l’avancer à cause de la mauvaise santé de sa sœur Malvine, qu’il espère que l’air de la mer ainsi que leur retour à La Cluse auront un effet bénéfique et qu’il remercie ses paroissiens qui lui ont fait un don de 150 $.
Le 27 octobre, le père Sarrazin est du nombre des passagers qui descendent du paquebot La Lorraine, en provenance du Havre.
Le 12 avril 1920, il est nommé à la paroisse Saint-Pierre à Carencro, en remplacement du père Ferdinand Grimaud. Sa sœur Malvine, arrivée quelques jours plus tard à New-York par le navire La Touraine en provenance du Havre, le rejoint dans sa nouvelle affectation.
Trois ans plus tard, le 1er novembre 1923, pour raisons de santé, le père Sarrazin retourne à la Cluse en compagnie de sa sœur.
Apprenant sa nomination à la tête de la paroisse Saint-Francis-Regis à Arnaudville, le père Sarrazin, toujours accompagné de sa jeune sœur, regagne la Louisiane où ils pensent rester encore 6 ans.
Effectivement, le 26 avril 1930, tous deux retournent définitivement dans les Hautes-Alpes.
Il s’installe à Gap sur la route de Veynes où il a acheté une maison qu’il a nommée La Louisiane.
C’est dans cette maison que le père Désiré Sarrazin meurt le 12 septembre 1951. Son décès est déclaré par son frère Aimé alors professeur à l’Institution Saint Joseph de la Madeleine à Marseille.
Malvine Léonie Marie décédera le 31 mai 1986 à Gap, à l’âge de 92 ans.

par MARCEL SARRAZIN, auteur de Montmaur et ses hameaux

L’article Victor Sarrazin (1879-1951), prêtre haut-alpin en Amérique est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/victor-sarrazin-1879-1986-pretre-haut-alpin-en-amerique/feed/ 0