
En 1715, la Provence et le Comtat Venaissin subissent les contrecoups des hivers rigoureux et des crises de subsistance marquant la fin du règne de Louis XIV. Ce décès illustre la condition des « errants » et des familles de mendiants qui franchissaient les frontières entre les terres du Pape et le royaume de France. La mention d’Aubignan souligne cette mobilité forcée par l’indigence. Sur le plan médical, la mort précoce d’un enfant de dix ans, fils de pauvres, renvoie souvent à des pathologies infectieuses ou aux carences alimentaires sévères fréquentes chez les populations déplacées sans ancrage paroissial fixe.
“L’an 1715 et le vingt-huit juin, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Louis Morel, âgé d’environ dix ans, et décédé le jour précédent.
Il était fils d’Henry Morel, pauvre mendiant, à ce qu’a déclaré Marie Barailler, qui s’en est déclaré la mère, et natif d’Aubignan1, au Comtat venaissin.
Laquelle déclaration a été faite en présence des sieurs Jean Amiel, prêtre, Antoine Bertrand, écolier, qui ont assisté à l’inhumation dudit Louis Morel, de laquelle les cérémonies ont été faites par moi, soussigné prêtre curé de cette dite paroisse.”
[Amiel, prêtre, Bertrand, Guignard, curé, P. Bertrand]
1. La présence de la famille Morel à Graveson (en Provence, royaume de France) au moment du décès confirme leur statut d’itinérants, voyageant entre le Comtat et la Provence, vraisemblablement pour mendier.
- Registre paroissial de Graveson, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 446.