
Ce décès par noyade survenu à Cannes en juillet 1854 met en lumière l’émergence des premiers accidents liés aux bains de mer sous le Second Empire et l’organisation rigoureuse des secours médicaux et judiciaires en zone littorale. L’immersion du jeune marchand ambulant André Galeau, originaire des Hautes-Alpes et venu se rafraîchir ou se laver au quartier de la Foux, s’est soldée par une hydrocution ou un choc thermique foudroyant, qualifié d’« asphyxie par submersion » par le docteur Sève. La prompte intervention du commissaire de police Jean-Baptiste Antoine Ressoit, épaulé par le juge de paix, le brigadier de gendarmerie et le médecin, atteste du respect strict des protocoles de constatation de décès sur la voie publique. La décision de transporter la dépouille à l’hospice de Cannes garantissait le respect de la législation républicaine sur l’état civil et le traitement digne d’un défunt migrant et isolé.
« L’an mil huit cent cinquante-quatre et le six du mois de juillet, à sept heures du soir, nous, Jean-Baptiste Antoine Ressoit, commissaire de police pour le canton de Cannes, chevalier de la Légion d’honneur, rapportons qu’étant averti par la clameur publique qu’un individu, étranger à la localité, venait d’être retiré sans vie, de la mer, au quartier de la Foux, terroir de Cannes, nous nous sommes aussitôt transporté au dit lieu, conjointement avec Monsieur le juge de paix de ce canton, Monsieur Sève, docteur en médecine et de M. le brigadier Lequeux, commandant la gendarmerie à la résidence de Cannes ; qu’il a été parfaitement reconnu que le cadavre déposé sur le rivage de la mer était celui du sieur André Gallean, âgé d’environ vingt ans, marchand ambulant de fromage, natif de Villevielle, département des Hautes-Alpes ; que ce malheureux s’était transporté en ce lieu pour se laver à la mer et qu’il avait été victime d’une asphyxie par submersion, ce fait constaté par le rapport de M. le docteur Sève ; Monsieur le juge de paix a ordonné le transport du cadavre à l’hospice de cette ville pour être inhumé conformément à la loi.- Sources : Archives municipales de la ville de Cannes, cote 1E27.
- Acte de naissance no 16 de la commune de Château-Ville-Vieille (Hautes-Alpes), Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 39/4/3.
- Fait divers signalé par Armande Trémolière.