
La noyade de la petite Marguerite Guyot en juin 1760 met en lumière le danger permanent que représentaient les puits non protégés au cœur des structures agraires de la Crau au XVIIIe siècle. L’accès à l’eau, vital pour l’activité de son père ménager, se doublait souvent d’un espace de jeu ou de corvée domestique pour les jeunes enfants, laissés sans surveillance constante. La mention d’une « imprudence » par le curé traduit la perception de l’époque face aux accidents infantiles, tout en évacuant la responsabilité parentale. Ce drame souligne l’absence de dispositifs de sécurité sur les points d’eau ruraux de l’Ancien Régime.
« L’an mil sept cent soixante et le premier du mois de juillet a été ensevelye dans le cimetière de cette paroisse Margueritte Guyot, fille à Étienne, ménager, et à Louise Mouret, décédée hyer dans un puy où elle se noya par son imprudence, âgée d’environ sept ans, témoins présents et soussignés, Joseph Bichairon et Jacques Peyre. »[Bichairon, Peyre, Martin, curé]
- Registre paroissial de Saint-Martin-de-Crau.