Cet acte de 1697 consigne une pratique chirurgicale codifiée par l’Église : la césarienne post-mortem. Face au décès d’Anne Mouche, le curé ordonne l’ouverture du corps pour extraire l’enfant afin de lui administrer le baptême, condition sine qua non pour le salut de son âme selon le dogme catholique de l’époque. Cette intervention, réalisée dans l’urgence par un chirurgien ou un barbier local, témoigne de la primauté du spirituel sur l’intégrité physique. La mortalité maternelle et néonatale demeure alors une réalité biologique majeure en Provence, dictée par l’absence d’asepsie et la maîtrise limitée des complications obstétricales.
« L’an que dessus [1697] et le deuxième septembre, est décédée Anne Mouche, femme de Balthezar Alaud, âgée d’environ trente-quatre ans, munie de tous les sacrements de l’Église.
Elle était enceinte et on l’a ouverte pour en tirer son fruit qui a été baptisé et est mort ensuite,
Et ont été ensevelis ledit jour,
Présents Antoine André et Laurent Guion. »
[L. Guion, Joseph Agnez, curé, A. André]
- Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.