Mort du Cadet d’Ancenis (Maussane-les-Alpilles, 13 août 1758)

En 1758, l’arrière-pays provençal des Alpilles voit circuler une main-d’œuvre migrante, essentielle à la vie rurale, comme ce jeune maçon breton au surnom énigmatique de « Cadet d’Ancenis ». Sa mort violente et subite en pleine rue à Maussane, marquée par deux blessures, nous plonge dans la sociologie des hommes de passage sous l’Ancien Régime. L’empressement des autorités révèle les préoccupations de l’époque : la célérité des « formalités de la justice » du juge des Baux visait à préserver l’ordre public, tandis que l’attestation de piété par le curé garantissait le salut spirituel de cet étranger, prioritaire sur l’élucidation complète des circonstances de son décès.

« L’an mil sept cens cinquante huit et le quatorzième jour du mois d’aoust, après toutes les formalités de la justice düement observées et l’ordonance de M. le juge des Baux, a été enterré dans le cimetière de cette paroisse un garçon maçon, originaire de la Bretagne, appelé le Cadet d’Ancenis, âgé d’environ vingt-cinq ans, trouvé la nuit précédente mort avec deux blessures dans les rües de Maussane, ayant dans ses poches un livre catholique intitulé Le Petit Livre du chrétien dans la pratique du service de Dieu et de l’Église, plusieurs persones ayant attesté l’avoir souvent vu assister à la messe et faire ses pâques, témoin messire Tavan, vicaire de cette paroisse, et le sieur Joseph Blanc, ecclésiastique dud[i]t Maussane, soussignés. »

[Blanc, eccl.,Tavan, prêtre, Laugier, curé]

 

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