À Boulbon, en ce début du XVIIIe siècle, la longévité de Jeanne Brune, atteignant presque le siècle, constitue une exception biologique notable dans une Provence où l’espérance de vie moyenne stagne. Le vicaire Perier documente ici une mort par sénescence, caractérisée par l’absence de pathologie fébrile ou infectieuse, un fait rare pour l’époque. Sa condition de « serveuse » durant trente-quatre ans révèle un attachement domestique quasi familial, puisque son employeur a subvenu à ses besoins durant six années d’invalidité. Ce geste de charité paroissiale et domestique témoigne d’une prise en charge des aînés au sein du foyer.
« Le 18 février 1726, a été ensevelie au cimetière Saint-Marcellin, Jeanne Brune, notre serveuse depuis trente-quatre ans, âgée de nonante-quatre à nonante-cinq ans.
Elle a cessé de vivre, étant morte sans fièvre et sans autre maladie que celle d’être chargée d’années.
Elle était pourtant depuis cinq à six ans hors de service.
Anima eius requiescat in pace1. »
[Perier vicaire]
1. « Que son âme repose en paix. »
- Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 222.