Mort en curant un fossé (Montjustin, 15 septembre 1707)

En cette année 1707, au cœur de la Provence rurale, la vie des communautés comme Montjustin repose sur la gestion vitale de l’eau. L’acte qui suit témoigne de la précarité du labeur quotidien et du danger inhérent aux travaux d’aménagement hydraulique, essentiels à la subsistance agricole. La mort de Thomas Aufant, simple paroissien enseveli par un éboulement, rappelle la dureté du sort des travailleurs sous le règne de Louis XIV. Le détail « à moitié pourri » dans le registre paroissial, quelques heures seulement après l’accident en plein septembre, souligne soit la rapidité de la décomposition dans le sol provençal chaud, soit l’usage d’une formule dramatisante par le vicaire pour signifier l’état du corps et la nécessité d’une sépulture immédiate.

« Le quinzième jour du mois de septembre, présente année 1707, sur l’heure de midi, […] je me suis porté à une terre dans le terroir de ce lieu de Montjustin, quartier de Craus, appelé la Terre de Flaudin,
Où étant j’ai trouvé plusieurs hommes qui travaillaient à tirer de [la] terre d’un fossé pour conduire de l’eau dans lequel fossé le nommé Thomas Aufant, de cette paroisse, était enseveli par un coup inopiné d’une grosse quantité de terre qui lui tomba dessus son corps,
Et sur le soir du même jour, on enleva ledit Thomas Aufant à moitié pourri et le lendemain a été enseveli dans le cimetière comme un fidèle chrétien et ayant satisfait au devoir pascal, et ont assisté au convoi le sieur Louis Gaspard Noat, dudit Montjustin, et Claude Frapat de Reillanne, résidant audit lieu, signé ici avec moi. »
[Dermitanis vic., L. G. Noat, Frapat]
  • Registre paroissial de Montjustin, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0234.

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