Morte en allant ramasser de la salade (Marseille, 7 janvier 1902)

À Marseille, le quartier de l’Hôpital et l’hospice des Incurables forment au début du XXe siècle un isolat pour les indigents. En ce mois de janvier 1902, un froid rigoureux frappe la Provence, transformant une simple sortie pour cueillir des herbes sauvages en un drame de la misère. La congestion cérébrale, diagnostiquée ici chez cette octogénaire, désigne une rupture vasculaire ou une embolie souvent favorisée par le choc thermique. Ce décès souligne le quotidien des pensionnaires âgés dont la subsistance dépendait encore de pratiques rurales ancestrales de glanage, même au cœur d’une cité en pleine expansion industrielle.

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« En se rendant hier matin à la maison de campagne qu’il possède au quartier de l’Hôpital, le sieur Marius Bonfillon a trouvé dans un champ le cadavre d’une pauvre vieille femme de 83 ans, la nommée Bibiane Delphine, veuve Blanc.
Il résulte de l’examen médical que la mort de la femme Bibiane doit être attribuée à une congestion cérébrale provoquée par le froid.
On suppose qu’elle a dû, ainsi qu’elle en avait l’habitude, se rendre dans ce champ pour y ramasser de la salade sauvage et que, prise d’un malaise subit, elle n’a pu réintégrer l’hospice des Incurables où elle était pensionnaire. »
  • Source : La Lanterne, 10 janvier 1902
  • Photographie : La caserne des Incurables, DR.

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