Tragédie domestique du boulanger (Toulon, 26 mai 1895)

Dans le quartier Saint-Antoine, au numéro 18 de la route des Moulins, à Toulon (Var), la vie du sieur Jean-Baptiste Alziari, 51 ans, boulanger de son état, originaire de Sigale (Alpes-Maritimes), était rythmée par le fournil et les tâches quotidiennes. Mais cet homme, laborieux et de bonne santé, avait pour rituel de s’échapper chaque après-midi vers sa campagne au quartier des Pomets, où il s’adonnait aux petits travaux des champs. C’est là, dans cette terre de repos, que le destin l’attendait de la plus cruelle des manières.

L’accident mortel du dimanche

En ce dimanche 26 mai 1895, M. Alziari entreprit une tâche simple, mais dangereuse : il voulut monter une balle de foin jusqu’à son grenier. Pour cette opération, il se hissa sur une échelle.
Soudain, le drame se joua. Il perdit l’équilibre sur l’échelle et tomba brusquement sur le sol. La balle de foin qu’il portait, le suivant dans sa chute, s’abattit lourdement sur lui et lui écrasa complètement le visage.
Le silence qui suivit fut effroyable. Quand les voisins accoururent, alertés par le bruit, ils ne trouvèrent plus qu’un cadavre sur la terre de la campagne.

Le funèbre retour

Le corps sans vie fut aussitôt relevé. Il fallut le transporter à bras jusqu’à son domicile, la boulangerie du quartier Saint-Antoine.
Imaginez l’horreur et l’émotion lorsque le funèbre cortège arriva à cette maison qu’il avait quittée quelques heures plus tôt, plein de santé. On juge aisément le désespoir de Mme Alziari et de sa fille en voyant leur époux et père revenir ainsi, brisé par un accident aussi absurde que terrible.
  • Sources : La République du Var, 29 mai 1895, p. 3.
  • Registre d’état civil de Toulon, année 1895, acte no 839, Archives départementales du Var, 7 E 146_426.

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