
En janvier 1652, la France subit les troubles de la Fronde, période d’instabilité où l’insécurité grandit dans les campagnes. En Provence, la Crau est un espace de transhumance crucial mais isolé, parsemé de mas dont l’activité repose sur une hiérarchie sociale stricte : le rentier, gestionnaire des terres pour un propriétaire urbain, et son valet. Ce triple assassinat au mas d’Arney révèle la vulnérabilité de ces exploitations face au brigandage. L’acte mentionne des victimes d’origines géographiques diverses, témoignant de l’attrait de cette économie pastorale pour une main-d’œuvre mobile, venue parfois du Dauphiné.
« Lan mil six cens cinquante deux & le quatorsiesme du mois de janvier ont esté ensevelie au cimetière trois qui furent assassinés le douziesme du mesme mois au mas dit de d’Arney appartenant a Jaume Alec au cartier de Langlade, scavoir Anthoine Ginoux rantier dud[it] mas natif de La Roche Baudin* province du d’Auffiné & Jauseph Requiston natif de la ville d’Arles nefveu dud[it] Ginoux & Mathieu Isnard son valet les funerailles ont este faites par moy. »
[H. Martin, pretre & curé]
* La Roche Baudin désigne Rochebaudin (code INSEE 26268).
- Ville d’Arles, paroisse de Saint-Martin-de-Crau, AD13, 203 E 151, registre non folioté.
- Texte transmis par Sébastien Avy.
- Photographie : Un mas en Crau. DR.