L’année 1720 marque le paroxysme de la Grande Peste en Provence, transformant des communautés comme Rians en zones de tension extrêmes. L’épidémie a non seulement décimé la population mais a aussi désagrégé l’ordre social. Pour endiguer la contagion, un régime militaire sévère, imposé par la « troupe du roi », appliquait la justice expéditive. La peur viscérale de la maladie et la paranoïa collective ont fait du moindre soupçon, de la simple « fausse rumeur », une condamnation à mort. L’exécution d’Antoine Peyron et Honorat Pons dans la rue du marché, « faussement accusés », témoigne de la violence et de l’arbitraire qui régnaient face à ce fléau incontrôlable.
Antoine Peyron époux de Catherine Rousse et Honorat Pons époux d’Anne Fouque sont morts et ensevelis le vingt sept du mois de nouvembre mil sept cent vingt dans le cimetière Sainte-Catherine. Présent Joseph Girard et Jean Pierre Brémond.
signés J. Girard, Brémond
en marge :
« Tempore pestis ob falsum motum civium, a copiis regis, uterque false accusatus, fuencte… fut in vico mercati. »
« En temps de peste, à cause d’une fausse rumeur des citoyens, et les deux, faussement accusés, ont été tués dans la rue du marché par la troupe du roi. »
- Sources : Rians, Archives départementales du Var, 1 MiEC898, image 140.