Ce terrible drame survenu à Salignac en juillet 1661 illustre de manière frappante le danger mortel des accidents de fulguration collective lors des travaux agricoles d’été en Haute-Provence. En cherchant protection sous un noyer, la famille Bernard a été victime de l’effet de pointe, un phénomène physique bien connu où les arbres isolés et élevés agissent comme des paratonnerres naturels attirant la foudre. Le traumatisme électrique de forte puissance a causé un arrêt cardiaque instantané chez les parents et leurs deux aînés. La survie miraculeuse du nourrisson de cinq mois, épargné au milieu des corps, s’explique souvent en médecine légale par l’absence de contact direct avec le point d’impact ou par un phénomène de dérivation de l’arc électrique autour du corps de l’enfant.
« Alors qu’ils moissonnaient dans leur champ de la Jacine, Jean Bernard, trente-six ans, et son épouse, Honnorade Megi, ont été surpris par l’orage ; ils se sont abrités sous un noyer avec leurs enfants, Magdeleine, sept ans et demi, Pierre, quatre ans, et la petite Jeanne, âgée de cinq mois. Les parents et les deux aînés ont été tués par la foudre, seule Jeanne a été épargnée alors qu’elle était parmi eux. »- Source : Registre paroissial de Salignac (04), année 1661, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0301.
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