Comment le choléra est entré à Maussane en 1865

Portail d’entrée de l’ancien Hôtel-Dieu  de Maussane, aujourd’hui maison de retraite.  © Jean Marie Desbois, 2009.

Portail d’entrée de l’ancien Hôtel-Dieu
de Maussane, aujourd’hui maison de retraite.
© Jean Marie Desbois, 2009.

En 1865, alors qu’une nouvelle épidémie de choléra commence à toucher la Basse-Provence, Maussane, bourgade de 1741 habitants, nichée dans les contreforts méridionaux de la chaîne des Alpilles, espère échapper à la calamité. Les nouvelles de Marseille ne sont pas bonnes.
Pourtant, lorsque deux musiciens ambulants venus de Marseille débarquent dans le village le 11 septembre, personne ne s’inquiète réellement. Tout semble aller bien et les deux hommes se produisent au grand plaisir de la population.
Ce n’est que le 15, soit quatre jours plus tard, que l’un des deux, Antonio Asplanato, 40 ans, commence à se plaindre de coliques. Reçu d’urgence à la maison hospitalière de Maussane, il meurt le 21 septembre. C’est la première victime du choléra à Maussane en 1865. Son fils, dix ans, ressent les symptômes de la maladie le 17. Il faudra attendre le 1er octobre pour le considérer comme sauvé.
Malheureusement, les choses n’en restent pas là. Le 18, un homme est venu d’Arles, présentant les signes de la cholérine.
Asplanato, quant à lui, avait contaminé Pierre Moucadel, un paysan de 38 ans, qui avait à son tour contaminé son propre fils, Jacques, 20 mois. Jacques meurt le 27 septembre, Pierre, lui, le lendemain.
Le 29 septembre 1865, le choléra entre dans le foyer de Louis Trenquier et son épouse Marthe Quenin. Leur petite fille de 2 ans et 3 mois, Louise Joséphine, mourra le 1er octobre.
Le choléra fera encore trois victimes à Maussane :
Le 4 octobre, Catherine Gilles, 65 ans, femme de Jean Tiran, s’allite. Elle meurt le 7 octobre.
Le même jour, 7 octobre, Joseph Chapot, un vieux garçon de 56 ans, succombe à la maladie. Enfin, Mélanie Marie Saurin tombe malade le 10 octobre et est emportée le lendemain.

Bilan

L’épidémie de choléra sévit à Maussane du 15 septembre au 11 octobre 1865. Elle provoqua la mort de 7 personnes au moins (peut-être 8 si l’on compte le voyageur d’Arles dont on ne connaît ni le nom ni le sort).

Sources

Analyse et synthèse de l’épidémicité cholérique : question sociale, origine : développement, propagnation des épidémies de choléra, Sélim-Ernest Maurin, impr. Arnaud, Cayer et Cie, Marseille, 1866.
État-civil de Maussane.

Commentaires

  1. Anonymous dit :

    J’avais déjà, parcouru ce livre sur internet, fabuleux, pleins de détails et de noms de famille …
    Merci, jean marie.
    surian13