Déjà l’on parlait de faux passeports (Aix-en-Provence, 20 janvier 1874)

  • Sources : Archives communales, cote I1, art. 16, n°64
(20 janvier 1874)
L’an mil huit cent, etc. (sic)
Par devant nous Hivert, Pierre-Antoine, commissaire de police de la ville d’Aix, etc. (sic)
A été amené par l’agent Louvière, un individu qu’il a trouvé se promenant sur le Cours, muni d’un passeport dont il n’a pu dire le nom du titulaire, et s’obstinant à cacher le sien qu’il disait ne pas se rappeler.

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Cet individu, interrogé par nous, a répondu ce qui suit :
« Je me nomme Blanc, Alexandre, âgé de 38 ans, né à Perresque, canton de Saint-André (Basses-Alpes), fils de Jean-Baptiste et de Cécile Josserand, ouvrier cordonnier, sans domicile fixe.
« J’ai travaillé en dernier lieu pendant deux mois à Entrevaux (Basses-Alpes), d’où je suis parti il y a huit à dix jours pour Cannes. De Cannes, où je n’ai pas trouvé de travail, je suis allé successivement à Toulon et à Marseille et je suis arrivé à Aix aujourd’hui, peu de temps avant mon arrestation. J’ai subi deux condamnations, l’une pour vagabondage et l’autre pour blessures par imprudence.
« Le passeport dont je me suis servi et que j’ai représenté à l’agent qui m’a arrêté m’a été donné à Cannes par un Italien, cocher sans emploi, qui en possédait deux et auquel j’ai payé à souper. Le maire de mon pays m’avait refusé des papiers à mon départ.
« Je n’ai refusé de dire mon nom à l’agent que parce que, ne sachant ni lire ni écrire et ne me rappelant pas le nom qui figurait dans le passeport, je ne voulais pas me compromettre. »
Le sieur Blanc se trouvant en état de vagabondage et ayant fait usage d’un faux passeport périmé, nous l’avons fait conduire devant M. le Procureur de la République qui l’a fait écrouer à la maison d’arrêt.