Incendie de Montmaur (Montmaur, 10 octobre 1756)

  • Registre paroissial de Montmaur
  • Texte transmis par Jean-Paul Métailler

L’an mil sept cents cinquante six et le dix d’octobre, dernier jour du saint-dimanche, sur le midy, ce village fût réduit en cendres, si on en excepte le château, l’église, le prieuré et la maison plus basse encor la maison curiale et celles qui l’entourent. Cette incendie fût causé par l’imprudence d’Augustin Robert qui occupe la dernière maison du village. Il avait mis dans une paillasse des cendres qu’il avait tiré de son foyer, mit le tout sous son lit sortit de chez lui, sy trouvant du feu dans les cendres après avoir couvé. Le lit prit et de suitte plancher couvert dans l’instant, il s’éléva un vent et le feu parvint dans un clin d’oeil aux maisons supérieures du village, sans toucher a celles du milieu qui furent bientôt incendiées. Ce fut le triste spectacle dont je fus témoin, n’étant arrivé dans cette paroisse que depuis un mois hac testor ad perpetuam tristem rei memoriam*.

[POUILLARD, curé de Montmaur,
ancien curé du Grand-Aspres]


* « ainsi je porte témoignage en mémoire éternelle de la tristesse du fait ».

Illustration : Feu au village, Ludwig Knaus (1829-1910), 1854.