La jeune fille déshonorée (Gigondas, 21 novembre 1868)

Un pistolet d'arçon. Début XIXe siècle. DR.

Un pistolet d’arçon. Début XIXe siècle. DR.

Léonie Cordonnier avait noué des relations intimes avec Félicien Barbier, un ouvrier de son grand-père, chez qui elle demeurait avec ce jeune homme.
Elle tomba bientôt enceinte mais Barbier semblait la délaisser, malgré quelques tentatives de Léonie pour le ramener à elle.
N’osant avouer sa faute à son entourage, elle pensa que le meilleur moyen de laver son honneur serait d’attenter à la vie de son amant qui, après l’avoir séduite, lui promettait sans cesse de l’épouser mais ne voulait jamais tenir sa parole.
Elle se procura donc un vieux pistolet d’arçon, le chargea avec du plomb et de la poudre qu’elle trouva dans une malla appartenant à Barbier. Elle se vêtit également avec des habits d’un de ses frères et vint ainsi accoutrée, le samedi 21 novembre 1868 à 8 heures du soir, à Gigondas, attendre Barbier.
Quand celui-ci parut, elle déchargea sur lui son arme à bout portant, alors qu’il descendait l’escalier de la maison de son oncle pour se rendre chez un ami avec lequel il comptait aller à la chasse le lendemain.
Barbier fut tué sur le coup.
Léonie prit alors la fuite, cachant son arme sous sa blouse, et parvint à regagner le domicile de son grand-père dans la plus grande discrétion : son absence n’avait pas été remarquée.
Prévenu aussitôt, le juge de paix du canton de Beaumes-de-Venise se rendit à Gigondas avec la gendarmerie.
Dans la matinée du 22, Léonie, soupçonnée, fut conduite à Gigondas où elle fit des aveux complets devant le procureur impérial.
Elle fut aussitôt écrouée à la maison d’arrêt d’Orange.
    • Source : Le Petit Marseille, 20 décembre 1868, citant Le Démocrate de Vaucluse
    Faits divers de Gigondas