La mort de Robert de Lamanon
(Maouna, 11 décembre 1787)

robert-de-lamanonJean Honoré Robert de Paul de Lamanon, dit Robert de Lamanon (1752-1787) appartenait à la famille des seigneurs de Lamanon, anoblie en 1572. Né à Salon le 6 décembre 1752 de Jean François de Paul de Lamanon et d’Anne de Baldony (Aixoise de naissance), il connut la renommée en tant que botaniste, physicien et météorologiste. Sa passion l’amena à participer à plusieurs expéditions, dont la dernière lui fut fatale.

En 1785, La Pérouse fut chargé par le roi Louis XVI d’un voyage de découverte autour du monde. Il partit de Brest le 1er août avec les frégates La Boussole et L’Astrolabe. À son bord, Robert de Lamanon avait pris place.
Après avoir longé les côtes du Brésil, les frégates passèrent le cap Horn au mois de janvier 1786. Ce fut ensuite un périple de deux années passées à écumer l’océan Pacifique. À bord, la vie s’organisait tant bien que mal et des observateurs rapportèrent que des frictions virent le jour parmi les passagers. En janvier 1787, un certain nombre d’entre eux, menés par Robert de Lamanon, entrèrent en conflit avec La Pérouse au sujet des honneurs que l’explorateur recevait et refusait de rendre à ses collègues, au cours des escales, à Macao notamment. La susceptibilité scientifique de certains était froissée. La Pérouse n’étant pas homme à accepter la révolte, les insurgés furent mis aux arrêts pendant une journée entière.
Tant bien que mal, et en dépit de l’ambiance morose, l’expédition se poursuivit. A partir de la mi-décembre 1787, l’expédition se concentra sur les archipels des îles Samoa et Tonga.

9 décembre 1787

Comme une île avait été repérée dans l’archipel Tonga, l’île de Maouna, les explorateurs tentèrent de s’en approcher, afin d’en faire le repérage. Un port indigène avait été repéré et Paul-Antoine-Marie Fleuriot de Langle, capitaine de l’Astrolabe, y débarqua dans l’après-midi du 9 décembre. Il y reçut bon accueil. De nombreux habitants de l’île avaient embarqué sur des canots et observaient les puissantes frégates françaises qui mouillaient dans leurs eaux. De Langle, une fois revenu à bord, décida que l’endroit n’était pas suffisamment sûr pour y laisser les bateaux.

10 décembre 1787

Le lendemain matin, La Pérouse effectua une randonnée de découverte dans l’île. Plusieurs villageois le suivirent et l’accueillirent avec enthousiasme, allant jusqu’à l’inviter chez eux. Par la suite, l’explorateur loua les beautés naturelles qu’il observa lors de cette marche. Il retourna ensuite sur l’Astrolabe et remarqua qu’un chef indigène et sept de ses hommes se trouvaient à bord. Il leur offrit plusieurs présents.
Dans le même temps, deux officiers, de Langle, capitaine breton, et Thomas Sutton de Clonard, un lieutenant irlandais, informèrent La Pérouse de leur intention d’aller chercher de l’eau le lendemain dans la baie d’Aasu, en raison du risque de scorbut à bord. La Pérouse s’y opposa formellement et une dispute éclata. Finalement, il fut convenu que de Langle irait bien sur l’île le lendemain. Dans la nuit, un orage éclata.

11 décembre 1787

mort-de-lamanonLe lendemain matin, à onze heures, de Langle prit avec lui soixante-et-un hommes regroupés dans quatre chaloupes. Parmi eux figurait Robert de Lamanon. L’approche de l’île fut assez difficile en raison des intempéries de la nuit passée. Finalement, on posa le pied sur la plage et l’on entreprit de recueillir de l’eau dans des tonneaux. Tout à coup, des pierres furent jetées par les indigènes.
« M. de Langle n’eut le temps que de tirer ses deux coups de fusil ; il fut renversé, et tomba malheureusement du côté bâbord de la chaloupe, où plus de deux cents Indiens le massacraient sur le champ à coups de massue et de pierres. Lorsqu’il fut mort, ils l’attachèrent par un de ses bras à un tolet, afin sans doute de profiter plus sûrement de ses dépouilles. »
Les Français ripostèrent, tuant, semble-t-il trente-neuf indigènes. Douze Français étaient morts. Robert de Lamanon trouva la mort dans ce tragique événement.
Informés du drame, La Pérouse préféra cesser ses relations commerciales avec les habitants de l’île et fit voile vers les Tonga.
Un mémorial fut érigé sur les lieux en 1883. Il porte les mots : « Morts pour la Science et la Patrie ».

Les ancêtres de Robert de Lamanon

Génération 1

1. Jean Honoré Robert de PAUL de LAMANON (Salon, 06/12/1752 – Maouna, 10/12/1787).

Génération 2

2. Jean François de PAUL de LAMANON,
3. Anne de BALDONY (Aix, ? – ?, ?); mariés à Salon, 18/05/1744.

Génération 3

4. Gaspard de PAUL de LAMANON,
5. Anne d’ESMENARD de MONDESIR (Lambesc, 11/09/1673 – Salon ?, 11/11/1749), mariés à Salon, 15/01/1697.
6. Jean Claude de BALDONY
7. Ursule d’AYMAR

Génération 4

8. Jean Baptiste de PAUL de LAMANON (? – 1712),
9. Françoise de VIDALON, mariés en 1664.
10. François d’ESMENARD (Lambesc, 17/11/1633 – id., 02/01/1704), écuyer, seigneur de Mondésir,
11. Éléonore d’ESTIENNE de VILLEMUS, mariés vers 1670.
12. Jean François de BALDONY (Aix), écuyer, sieur de Malespine,
13. Honorade de SUFFREN, mariés à Salon, 29/12/1660.

Génération 5

16. Jean de PAUL de LAMANON (1584-?),
17. Blanche de DURANTY, mariés en 1637.
20. Jean Antoine d’ESMENARD, écuyer, seigneur de Vautubières,
21. Claire de GRIGNAN.
22. Jean François d’ESTIENNE de VILLEMUS, seigneur de Villemus,
23. Claire de RIANS.
24. Joseph de BALDONY (décédé av. 1660),
25. Anne d’OLLIVARY.
26. Laurent de SUFFREN (décédé av. 1660), écuyer,
27. Isabeau de MARC-TRIPOLY.

Annexes

Renseignements fournis par Sébastien Avy. Avec nos remerciements.
Illustrations :

  1. Portrait de Robert de Lamanon. DR.
  2. Le massacre de Robert de Lamanon et de ses compagnons. Gravure du XIXe siècle. D.R.

Biographies