Le crime du che­min d’Ar­les (Bar­ben­tane, 20 no­vem­bre 1862)

Un crime horrible vient d’être commis à Barbentane, dans une ferme, près de la station du chemin de fer, au quartier appelé Chemin-d’Arles.
couteau-sangLa femme Dominique Payan*, âgée d’une soixantaine d’années, a été assassinée jeudi dernier à la tombée de la nuit, en l’absence de son mari, parti pour Carpentras.Le coupable, après avoir tué cette femme et dérobé sept cents francs en or, pour faire disparaître toute trace du crime, a mis le feu à la ferme sur trois points différents.
Avertis par la lueur des flammes, les pompiers de Barbentane sont accourus sur les lieux du sinistre et, après avoir appelé vainement pour se faire ouvrir, ils ont brisé les portes et pénétré dans l’intérieur de l’habitation.
Arrivés dans la première pièce, qui sert de cuisine, ils ont trouvé la malheureuse victime dans une mare de sang et ayant le crâne fracassé avec un instrument contondant.
Il a dû se passer là quelque drame affreux et mystérieux ! La justice informe.
La cérémonie d’inhumation de la malheureuse femme Payan, à laquelle toute la population a voulu prendre part, a été signalée par un événement douloureux qui n’a pas peu contribué à entretenir dans les esprits la terreur causée par l’événement de l’avant-veille.
Au moment où le vénérable curé de la localité allait monter à l’autel pour la messe des funérailles, soit émotion, soit tout autre cause, il a été pris subitement d’une attaque d’apoplexie qui met ses jours en danger**.
  • Le Mémorial d’Aix, 30 novembre 1862
  • Image courtesy of Simon Howden / FreeDigitalPhotos.net

* Bien que son nom ne soit pas donné dans la description ci-dessus, la femme de Dominique Payan est Marie Arnaud, native de Boulbon.
** Selon toute vraisemblance, le curé s’est parfaitement remis de son attaque.