Prenez-vous de bonnes résolutions généalogiques ?

Je sais, nous ne sommes pas le 31 décembre, quelques mois sont passés depuis. Il n’empêche que j’aimerais vous parler d’une façon de faire de la généalogie qui va vous faire progresser à pas de géant. Cette méthode est de plus en plus employée parmi les généalogistes américains et je voulais vous parler de cette tendance, non pour dire que, parce que c’est américain, c’est « cool », mais plutôt que, parce que ça a été testé avec succès par d’autres, il n’y a pas de raison pour que ça ne marche pas pour nous.

Généalogie pépère ou active ?

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Tout est là en effet ! Avouons-le, vous comme moi : après les premiers mois de recherche intense et la joie des premières découvertes enthousiasmantes, après les premières années de feuilles poussées à vitesse forcée sur votre arbre, voila que l’année dernière, vous n’avez ajouté que dix ancêtres à votre liste.
C’est normal, me direz-vous. Et je ne vous dirai pas le contraire. On commence toujours sa généalogie tambour battant et en deux heures passées sur trois registres, on fait un vrai carnage. En l’espace de quelques minutes, les ancêtres s’empilent et les pages du cahier noircissent. Quel plaisir ! Sans compter celui de faire part de vos découvertes à vos proches.
Et puis, on s’habitue à ces ancêtres. Après quelques années, on a toujours envie d’en trouver de nouveaux, mais le temps manque… et l’envie peut-être aussi. Problème de motivation ? De temps en temps, fort heureusement, une découverte aussi inattendue que miraculeuse vient nous sortir de notre train-train généalogique. On lit sur un forum une information sur un de ses ancêtres, on découvre sur une base de données que l’on ne connaissait pas le mariage introuvable jusqu’alors de l’ancêtre Aristide, et la joie revient. Et avec elle l’envie.
Mais là, je ne peux m’empêcher de trouver un hic dans ce que je viens d’écrire (et vous dans ce que vous venez de lire). On pourra toujours dire qu’il est normal de trouver une liste énorme d’ancêtres au début de sa recherche et qu’il est tout aussi normal que ces découvertes se raréfient avec le temps. C’est mathématique. Mais dire que la raison n’est QUE mathématique, alors là, je n’ose y croire. Comme moi, vous aurez remarqué qu’il y a quelque chose de fondamentalement différent entre les premières découvertes en rafale et celle du mariage d’Aristide l’introuvable.
Et cette raison, c’est qu’au début on cherche, alors qu’ensuite on découvre. On découvre sans chercher, on découvre par hasard. Comme lorsqu’on trouve un billet de 20 euros dans la poche d’un manteau qu’on n’avait plus mis depuis l’hiver d’avant. On ne l’a pas cherché, mais on l’a trouvé. Et ça fait tout de même plaisir.
Finalement, les découvertes que l’on fait en généalogie n’ont-elles pas plus de chance d’être faites lorsqu’on les provoque que lorsqu’on se contente d’attendre qu’elles nous arrivent ?
Et c’est là qu’intervient cette méthode dont je vous parlais : les bonnes résolutions ! Oui, de bonnes résolutions. Comme celles que l’on se fixe chaque 31 décembre pour perdre 5 kilos ou pour lire 5 livres dans l’année, pour ne plus crier sur ses enfants qui se réveillent à 6 heures un dimanche matin… Oui, en généalogie aussi, il faut prendre de bonnes résolutions. Et s’y tenir !

Essayez ceci

Prenez un cahier dont vous numéroterez les dix premières pages. En haut de chaque page, écrivez l’objectif généalogique que vous devez absolument atteindre avant la fin de l’année ainsi que les moyens que vous mettrez en œuvre pour y parvenir et la date à laquelle cet objectif devra être atteint.
Quel genre de résolution ? Voici quelques idées (n’oubliez pas de changer les noms des ancêtres et des communes, hein ?) :
  1. Je veux trouver la preuve que ma branche LINSOLA vient de Rognonas.
  2. Je vais aller à Carry-le-Rouet retrouver la maison où ont vécu Joseph GOUIRAN et Adélaïde MARTIN.
  3. Je vais écrire à la fondation Ellis Island pour lui demander des renseignements sur mon arrière-arrière-grand-père Pierre MICHEL qui est parti en Californie en 1888.
  4. Je vais passer une semaine aux archives de Saint-Brieuc parce que là-bas aussi j’ai des ancêtres.
  5. Je vais écrire un livret de 32 pages sur mon sosa 116 qui a été condamné au bagne en 1832 et le faire imprimer et tant pis si personne ne voudra m’en acheter un. Je le ferai parce que j’aime cet ancêtre.

Ça en fait 5, mais vous devez en trouver 10.

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Une fois cela fait, ne laissez jamais passer un mois sans qu’une résolution ne soit devenue réalité. Et si ce n’est pas fait, qu’elle le soit le mois suivant. On pourra appeler ça du coaching mental. Et quand l’année sera terminée et que tous vos objectifs auront été atteints, vous pourrez mesurer la différence entre attendre une découverte hypothétique (1 % de chance qu’elle survienne) et la provoquer pour qu’elle arrive (99 % de chances). Alors, n’hésitez pas à prendre de bonnes résolutions généalogiques et vos ancêtres vous attendront moins longtemps cachés dans l’obscurité.

 

Commentaires

  1. Jean-Louis MATON dit :

    Bonjour,
    Président du Club de généalogie de Saint-Jean de Beauregard (Essonne), je publie chaque mois une brochure, « La Feuille de Sosa », dans laquelle on retrouve de courts articles ayant naturellement un rapport avec notre passion.
    M’autorisez-vous à m’inspirer de votre chronique « Prenez-vous de bonnes résolutions généalogiques ? » pour un prochain numéro ?
    Merci.
    Jean-Louis MATON
    geneaclub91940@sfr.fr

  2. Bonjour Jean-Louis, oui avec plaisir. Pourrez-vous juste m’envoyer un PDF de l’article en question une fois publié ?
    Cordialement.