
L’habitat traditionnel de Ceillac, composé de structures en bois hautement inflammables et de toitures en bardeau, explique la propagation foudroyante de cet incendie de 1738. Dans ces vallées alpines, la promiscuité des bâtiments et le stockage du fourrage dans les combles transforment un accident domestique en désastre collectif. Les victimes, dont l’âge avancé pour certains suggère une mobilité réduite, ont succombé à une asphyxie par inhalation de fumées toxiques avant que les flammes ne les atteignent. Ce drame souligne l’absence de moyens de lutte organisés contre le feu dans les communautés montagnardes de l’Ancien Régime.
Jean Baptiste Colombet, feu Victor, et Cécile Reynaud, feu Barthélemy, sa femme, Joseph Colombet, feu Jean, et Cécile Allemand, feu Jacques, veuve d’Étienne Colombet, feu Jean, moururent le vingt-deux mars, soudainement, ayant été trouvés étouffés dans leurs maisons par l’incendie qui a brûlé ce jour-là soixante-quatre maisons.
Nous les avons ensevelis le vingt-trois même mois. Jean Baptiste était âgé d’environ cinquante ans, sa femme de quarante, Joseph Colombet de soixante-cinq, et Cécile Allemand de soixante-treize.
En présence des soussignés.
[Joseph Guérin, Reynaud curé]
- Source : Registre paroissial de Ceillac, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 27/1/3.
- Fait divers signalé par le groupe « Généqueyras ».
- Photographie : DR.