
La mort de ce mendiant roux à l’hôpital de Malemort-du-Comtat en avril 1654 illustre la précarité des populations errantes et l’importance des structures charitables sous l’Ancien Régime. Le qualificatif physique de « couleur rousse » et l’origine géographique supposée — la Lorraine, alors ravagée par les retombées de la guerre de Trente Ans — soulignent l’altérité de ce migrant démuni, identifié par ses seuls traits apparents à défaut de nom. Sur le plan médical, son décès à l’hôpital, institution alors davantage vouée à l’accueil des pauvres et des mourants qu’aux soins curatifs, témoigne d’un épuisement physique extrême ou d’une pathologie infectieuse liée à l’errance. L’acte rédigé en latin par le curé garantit son intégration spirituelle ultime au sein de la communauté des fidèles par son inhumation dans le cimetière paroissial Sainte-Anne.
Traduction
- Sources : Archives départementales de Vaucluse (AD84), registres paroissiaux de Malemort-du-Comtat, cote 1 MI 84/0137, folio 34.
