Emeute Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/emeute/ 500 ans de faits divers en Provence Mon, 13 Jul 2026 19:22:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Emeute Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/emeute/ 32 32 Quand la justice fait partie de la bande (La Brillanne, 12 août 1708) https://www.geneprovence.com/quand-la-justice-fait-partie-de-la-bande-la-brillanne-12-aout-1705/ https://www.geneprovence.com/quand-la-justice-fait-partie-de-la-bande-la-brillanne-12-aout-1705/#respond Fri, 26 Jun 2026 17:42:06 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28608 Le dossier est conservé aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence sous la cote B 2453. Il s’ouvre sur une requête adressée au lieutenant général criminel de Forcalquier, rédigée par un certain…

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Le dossier est conservé aux Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence sous la cote B 2453. Il s’ouvre sur une requête adressée au lieutenant général criminel de Forcalquier, rédigée par un certain Honoré Breugne, sieur de cette ville1. Les faits se sont produits le dimanche 12 août 1708, à La Brillanne, sur la place publique, sous les mûriers, devant la maison seigneuriale. Ce qui commence comme une altercation verbale tourne à l’émeute. Le dossier s’arrête avant le jugement — mais ce qu’il contient suffit à reconstituer une affaire d’une violence rare, impliquant les officiers de justice du lieu eux-mêmes.

Un dimanche d’août sur la place publique

Honoré Breugne est un homme de Forcalquier. Il est également taillable2 de la communauté de La Brillanne — c’est-à-dire qu’il y possède des biens et y est soumis à l’impôt. Ce dimanche 12 août 1708, il s’y est rendu pour surveiller sa récolte. Vers cinq heures du soir, il se trouve sur la place publique du village, sous les mûriers, devant la maison seigneuriale, à se promener avec quelques personnes.
Guillaume Depieds, neveu du consul3 de La Brillanne, l’avait convoqué la veille — ainsi que d’autres taillables forains4 — pour assister à un conseil de communauté5 qu’il devait tenir ce même jour. Ce conseil n’a pas eu lieu. Breugne, qui a attendu longtemps, fait remarquer publiquement à Depieds le tort qu’il leur a causé en les faisant venir pour rien.
Ce reproche, formulé en public, devant les habitants du village, est une humiliation que Depieds ne peut pas laisser passer. Il est neveu du consul, homme d’autorité locale. Se faire faire la leçon par un étranger — un taillable forain de Forcalquier — devant tout le monde, c’est une atteinte à son prestige.
Sa réponse est immédiate et violente. Il charge Breugne « d’injures très atroces et diffamatoires, le traitant de coquin, de malheureux, de voleur », et le menace de le faire assommer, « qu’il ne tenait de vie qu’il ne le fît dès le moment ». Puis, se prévalant de sa fonction — consul ou proche du consul — il cabalise6 sur-le-champ plusieurs habitants du village.

La troupe

En quelques minutes, un groupe se forme. Breugne, dans sa requête, en donne la composition précise : Antoine Basset, lieutenant de juge7 ; Antoine André, vautier seigneurial8 ; Dominique Bouyer ; Louis Brémond ; Joseph Duplan fils ; Germiny ; Joseph André ; Louis Basset« et autres, en beaucoup de fâcheux et filles ».
La liste est accablante. Sur les huit hommes identifiés, deux au moins sont des officiers de justice : le lieutenant de juge et le vautier seigneurial. Ce sont précisément les hommes qui auraient dû protéger Breugne — ou à tout le moins rester neutres. Leur présence parmi les agresseurs transforme une rixe de village en quelque chose de beaucoup plus grave : une violence institutionnelle, organisée par ceux-là mêmes qui incarnent l’ordre public local.
La requête insiste sur ce point : « furent tous attroupés de dessein prémédité ». Ce n’est pas une foule qui s’emballe spontanément. C’est un groupe constitué, avec une intention.

L’agression

Ils se jettent sur Breugne. La scène est décrite avec précision dans la requête :
« Les uns le prirent par la perruque, les autres par la cravate, d’autres par la chemise et par son justaucorps, l’immobilisant d’une manière qui lui fut impossible de pouvoir se libérer de leurs mains. Et le chargèrent de tant de coups violents et d’injures si atroces qu’ils le jetèrent par terre, où il reçut des coups de pieds, des coups de poings et des coups de pierres. »
Des témoins, indignés par la brutalité de la scène, interviennent. Sans eux, écrit Breugne, il n’en serait pas réchappé. C’est avec beaucoup de peine qu’on parvient à le dégager et à le ramener jusqu’à la maison du sieur de Corne, où réside son beau-frère Antoine de Gassaud. Sa femme, enceinte, est obligée de sortir de son appartement pour lui ouvrir la porte — pendant que les agresseurs lui ont déjà arraché sa cravate, son justaucorps, sa chemise, et mis sa perruque en pièces.

Devant la maison

Mais la troupe ne désarme pas. Elle s’attroupe devant la maison du sieur de Corne, blasphémant le saint nom de Dieu, criant qu’il faut achever Breugne — « à le tuer » — ou, s’il s’y trouve enfermé, lui livrer de forts coups. Les voix s’élèvent :
« Coquin, malheureux, voleur, méchant homme, tu n’en échapperas pas, car nous sommes ici à t’attendre à pied ferme — mais tu n’oseras. »
Breugne reste terré. Lorsqu’il juge que l’émotion populaire9 s’est calmée et tente enfin de rentrer chez lui, il est accueilli par une grêle de pierres dont il n’échappe que par miracle. Les agresseurs le poursuivent jusques dans la maison. Ils menacent d’y mettre le feu. Ils lui signifient qu’ils veulent l’obliger à quitter La Brillanne définitivement — lui et les siens :
« Qu’il pouvait rendre grâces au seigneur de ce qu’il avait échappé à cette occasion, mais qu’ils ne manqueraient pas d’autres pour le lui interdire pour toujours. »

Le recours à la justice royale

Le lendemain, Breugne porte sa plainte non pas devant la justice locale — ce serait vain, puisque le lieutenant de juge lui-même figure parmi ses agresseurs — mais devant le lieutenant général criminel de Forcalquier, magistrat royal supérieur à toute juridiction seigneuriale.
Dans sa requête, il qualifie les faits de « véritable sédition, émue par un lieutenant de juge et un vautier seigneurial » et réclame plusieurs choses : l’ouverture d’une information judiciaire, l’audition de témoins, la commission d’un chirurgien pour constater ses blessures, et le dépôt au greffe de ses vêtements déchirés comme pièces à conviction. Il demande enfin que lui et sa famille soient « mis sous la protection du Roi et de la Justice » — formule grave, qui signifie qu’il craint pour sa vie.
Le lieutenant général criminel reçoit la requête et la qualifie de cas royal10 — ce qui signifie que l’affaire échappe entièrement à la juridiction seigneuriale locale et relève directement de la justice du roi. Un chirurgien, maître Jean André, est commis pour examiner les blessures. L’huissier Mary Maurel est chargé des assignations.

Les témoins convoqués

En trois jours, trois témoins sont assignés à comparaître devant le lieutenant criminel dans l’auditoire royal de Forcalquier :
Le 18 août, sieur Louis Grégoire Dudieud et sieur Antoine de Gassaud — le beau-frère de Breugne, qui l’a recueilli le soir de l’agression — sont convoqués pour neuf heures du matin.
Le 19 août, noble Henry de Gornet, trouvé sur la place de Forcalquier, reçoit à son tour son assignation : il devra comparaître le lendemain à deux heures de l’après-midi.
Chacun reçoit copie de l’exploit des mains de l’huissier Maurel. Le coût de chaque signification : dix-huit sols.

Ce que le dossier ne dit pas

Le dossier B 2453 s’arrête là. Les dépositions des témoins, le rapport du chirurgien sur les blessures, le jugement — rien de tout cela n’a été conservé, ou n’a pas encore été retrouvé. On ne sait pas ce qu’il advint de Guillaume Depieds et de ses complices, ni si Honoré Breugne obtint la réparation qu’il réclamait.
Ce qui reste, c’est la requête elle-même — rédigée dans la langue précise et passionnée du droit d’Ancien Régime, avec ses formules consacrées et ses éclats de violence brute. Et la liste des vêtements déchirés, déposés au greffe comme preuves : une cravate, un justaucorps, une chemise, une perruque en pièces.

Qu’est-il advenu ?

Le dossier s’arrêtant là, nous ne saurons jamais ce qu’il est advenu de l’affaire. Pourtant, on peut imaginer ce qui s’est passé. Les lignes qui suivent sont de la fiction, mais elles évoquent des événements qui sont très possibles et même probables :

Pour les agresseurs (Guillaume Depieds et ses complices)

Leur situation est extrêmement grave. En s’en prenant à Honoré Breugne, ils n’ont pas seulement commis une agression physique, ils ont commis un crime politique et institutionnel.
La perte du parapluie local : En qualifiant l’affaire de « cas royal », le lieutenant général criminel de Forcalquier s’empare du dossier. Cela signifie que la justice seigneuriale de La Brillanne est totalement dessaisie. Les agresseurs ne peuvent plus compter sur la protection du seigneur local ou sur leurs propres réseaux municipaux pour étouffer l’affaire.
Le sort du lieutenant de juge (Antoine Basset) et du vautier (Antoine André) : Pour ces deux officiers de justice, la sentence a dû être lourde. La justice royale ne tolère pas que ses propres agents (même subalternes ou seigneuriaux) mènent une sédition. Ils ont très probablement été destitués de leurs charges immédiatement, frappés d’une amende honorable (demander pardon publiquement à genoux), et condamnés à de lourdes peines financières, voire au bannissement du ressort du siège de Forcalquier pour quelques années.
Pour Guillaume Depieds et les exécutants : Le pouvoir royal redoute par-dessus tout « l’émotion populaire » (l’émeute). Depieds, identifié comme le moteur de la sédition, a risqué gros. Si Breugne a survécu (ce que l’absence d’enquête pour homicide laisse penser), Depieds a probablement été condamné aux galères à temps (pour quelques années) ou au bannissement définitif de la province, assorti de la confiscation de ses biens pour payer les réparations. Les complices de seconde zone (Bouyer, Brémond, etc.) ont dû écoper d’amendes sévères et de peines de prison courtes pour l’exemple.

Pour la victime (Honoré Breugne)

Une victoire judiciaire mais un exil forcé : Breugne a de fortes chances d’avoir obtenu gain de cause. Le greffe a conservé ses vêtements déchirés, les témoignages de notables (le beau-frère de Gassaud, noble Henry de Gornet) et le rapport du chirurgien Jean André allaient tous dans son sens. Il a sans doute reçu une « réparation convenable » sous forme de dommages et intérêts importants versés par les agresseurs.
Le retour impossible à La Brillanne : Malgré la « protection du Roi » demandée, la haine locale à son encontre était trop forte (« qu’il n’y passât plus le pied, ni aucun des siens »). En tant que « taillable forain » (bourgeois de Forcalquier possédant des terres à La Brillanne), il est fort probable qu’il ait vendu ses récoltes et ses terres à La Brillanne pour se replier définitivement sur Forcalquier, où il était en sécurité.

Pour les témoins (Dudieud, de Gassaud, de Gornet)

Aucun risque majeur : Ils ont déposé devant le lieutenant criminel à Forcalquier, une ville fortifiée et sûre, loin de la fureur des villageois de La Brillanne. Leurs dépositions ont scellé le sort des agresseurs. Le beau-frère, Antoine de Gassaud, et sa femme enceinte ont dû être soulagés de voir la justice royale prendre le relais pour calmer le village.
En résumé, la justice royale de Forcalquier a très probablement frappé fort pour faire un exemple : destitution des officiers locaux, lourdes amendes et bannissements pour les meneurs, afin de réaffirmer l’autorité du Roi face à une rébellion villageoise.

Notes

1. Breugne : le prénom est abrégé dans le manuscrit sous une forme illisible avec certitude — vraisemblablement Honoré, prénom très répandu en Provence au XVIIIe siècle.
2. Taillable : personne soumise à la taille, impôt direct levé par la communauté sur ses membres ou sur ceux qui y possèdent des biens. Un taillable forain est un contribuable extérieur à la communauté mais imposable sur les biens qu’il y détient.
3. Consul : dans les communautés provençales d’Ancien Régime, le consul est le principal magistrat municipal, élu par les habitants. Il préside le conseil de communauté et représente la communauté dans ses rapports avec les autorités supérieures.
4. Taillables forains : contribuables résidant hors de la communauté mais y possédant des biens imposables, et donc convocables aux assemblées concernant la répartition des charges fiscales.
5. Conseil de communauté : assemblée des principaux habitants et contribuables d’une communauté, convoquée pour délibérer sur les affaires communes — notamment la répartition de la taille et des charges fiscales.
6. Cabaler : manœuvrer, intriguer, retourner des personnes contre quelqu’un par des moyens détournés. Le terme cabale désigne au XVIIIe siècle une coalition secrète formée dans un but hostile.
7. Lieutenant de juge : officier de justice qui supplée le juge en son absence et instruit les affaires en son nom. Dans une juridiction seigneuriale, c’est l’un des personnages les plus puissants de la communauté.
8. Vautier seigneurial : forme ancienne de viguier, officier chargé de l’exécution des sentences de la justice seigneuriale. Il est l’équivalent local d’un huissier d’exécution, investi d’une autorité publique au nom du seigneur.
9. Émotion populaire : terme juridique et politique de l’Ancien Régime désignant un attroupement séditieux, une agitation collective pouvant dégénérer en émeute. L’expression ne désigne pas une simple agitation mais un trouble de l’ordre public caractérisé.
10. Cas royal : catégorie juridique de l’Ancien Régime désignant les affaires dont la gravité — atteinte à l’ordre public, sédition, crimes commis par des officiers de justice — échappe aux juridictions ordinaires ou seigneuriales pour relever directement des tribunaux royaux. La qualification de cas royal est ici particulièrement significative : elle prive les agresseurs, qui sont eux-mêmes des officiers de justice locale, de toute capacité à influencer la procédure.

  • Source : Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, B 2453.

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Fureur sur le canal de Marseille (27 janvier 1840-11 février 1840) https://www.geneprovence.com/fureur-sur-le-canal-de-marseille-27-janvier-1840-11-fevrier-1840/ https://www.geneprovence.com/fureur-sur-le-canal-de-marseille-27-janvier-1840-11-fevrier-1840/#respond Mon, 08 Dec 2025 22:05:11 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27055 En ce début d’année 1840, les grands travaux du canal de Marseille transformaient la Provence, attirant à Coudoux, près de Ventabren (Bouches-du-Rhône), une main-d’œuvre venue d’Italie. L’air y était chargé…

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En ce début d’année 1840, les grands travaux du canal de Marseille transformaient la Provence, attirant à Coudoux, près de Ventabren (Bouches-du-Rhône), une main-d’œuvre venue d’Italie. L’air y était chargé de la poussière du chantier et, bientôt, de la fureur des hommes.

Le premier assaut : 27 janvier 1840

Les premières alarmes retentirent le 27 janvier 1840. Une rixe d’une violence extrême, menaçant de dégénérer en scènes déplorables, éclata soudainement. Elle opposait les ouvriers sardes attachés au canal aux habitants de Coudoux. Des coups de poing furent échangés, et la querelle fut si générale que presque toute la population locale y prit part.
L’irritation était portée au comble. Heureusement, des personnes sensées, exerçant leur influence, purent s’interposer et ramener le calme.
À l’époque, une amère observation s’imposait devant ce chaos : on regrettait que ces hommes, auxquels la France accordait généreusement du pain et du travail qu’ils ne trouvaient probablement pas chez eux, comprenaient si peu la position que l’hospitalité leur imposait, et cherchaient querelle à une population connue pour sa nature paisible.

L’affaire Dao-Caste

Mais avant que la tension n’atteigne son paroxysme, un acte encore plus sombre avait marqué les esprits.
Dans les jours qui précédèrent la grande émeute, une tentative de meurtre avait été commise sur un certain Dao-Caste, un ouvrier piémontais employé sur le canal. Un dimanche, une rixe avait éclaté dans un cabaret entre lui et son compatriote, un certain Gourillo, dit Carmagnole. En le quittant, Carmagnole avait lancé une menace claire à Dao-Caste : il l’écraserait bientôt dans son logement.
Dao-Caste, négligent, ne prêta que peu d’attention à cette parole. Rentré chez lui, il ressortit pour se mettre sur le seuil de sa porte. À peine quelques minutes s’étaient écoulées qu’il reçut deux coups de feu, tirés presque à bout portant. Il tomba, grièvement atteint. Pourtant, il eut la force, au milieu des accourus, de désigner formellement Carmagnole comme l’auteur de l’assassinat.
Les secours lui furent prodigués sur-le-champ et l’espoir de sa guérison était permis. Le juge de paix, bien entendu, se porta immédiatement sur les lieux pour dresser procès-verbal. Carmagnole, lui, fut arrêté sans délai par le brigadier de gendarmerie et se retrouva incarcéré dans les prisons d’Aix.

Le chaos général et l’appel aux troupes : 11 février 1840

Le point de non-retour fut atteint le 11 février 1840, lorsque de nouvelles scènes de désordre, d’une gravité sans précédent, ensanglantèrent Coudoux.
Cette fois, les ouvriers sardes s’étaient soulevés pour une affaire de salaires en retard avec leur chef de division. Ils se portèrent en masse, armés de pistolets et de poignards, vers la maison de l’employé. Ils tentèrent de pénétrer de force, enfonçant portes et volets. Un employé qui sortait fut saisi et terrassé ; il aurait été tué sans l’intervention rapide d’un voisin qui parvint à le mettre à l’abri.
L’anarchie fut finalement contenue par le maire de Ventabren, qui arriva sur les lieux, assisté de quatre gendarmes. Ils parvinrent à dissiper cette troupe de forcenés et plusieurs furent désarmés. La justice engagea immédiatement une enquête.
Face à la crise, le préfet sollicita sans attendre du lieutenant-général un détachement de trente hommes de troupe de ligne. Ces soldats furent immédiatement dirigés sur Ventabren. Ils devaient être logés provisoirement chez les habitants, en attendant qu’une maison soit louée aux frais de la ville de Marseille pour les établir dans les environs de Coudoux, seule solution pour ramener durablement l’ordre sur le chantier et dans la région.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 1er février 1840, p. 3 ; ibid., 15 février, p. 4.

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Le curé chassé du village (Saint-Michel-l’Observatoire, 28 mars 1841) https://www.geneprovence.com/le-cure-chasse-du-village-saint-michel-lobservatoire-28-mars-1841/ https://www.geneprovence.com/le-cure-chasse-du-village-saint-michel-lobservatoire-28-mars-1841/#respond Wed, 09 Jul 2025 05:30:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25896 Un dimanche de mars 1841 à Saint-Michel, aujourd’hui nommé Saint-Michel-l’Observatoire, près de Forcalquier (Basses-Alpes), la sérénité habituelle fut brisée par un violent tumulte. L’objet de cette fureur populaire ? Le curé du…

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Un dimanche de mars 1841 à Saint-Michel, aujourd’hui nommé Saint-Michel-l’Observatoire, près de Forcalquier (Basses-Alpes), la sérénité habituelle fut brisée par un violent tumulte. L’objet de cette fureur populaire ? Le curé du village.
En effet, des habitants l’avaient chassé, l’accusant de « mauvais procédés ». Cependant, ils ne purent justifier ces allégations devant les autorités.
Cette population, manifestement exaltée, résista aux gendarmes. D’abord en petit nombre, les forces de l’ordre durent faire face à des jets de pierres. Néanmoins, lorsque les renforts arrivèrent le lendemain, l’agitation cessa. Une quinzaine de personnes furent incarcérées à Forcalquier. Par ailleurs, on estimait à une quarantaine le nombre d’individus compromis dans cette affaire.
Enfin, les grands-vicaires du diocèse de Digne jugèrent nécessaire de fermer l’église. Elle resta interdite pendant plusieurs jours pour permettre le retour au calme et l’arrivée d’un nouveau prêtre.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 4 avril 1841, p. 2.

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Journée d’émeutes dans les rues (Marseille, 22 juin 1848) https://www.geneprovence.com/journee-demeutes-dans-les-rues-marseille-22-juin-1848/ https://www.geneprovence.com/journee-demeutes-dans-les-rues-marseille-22-juin-1848/#respond Sun, 11 May 2025 05:30:39 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25375 Dès la mi-juin 1848, les ouvriers de certaines professions, entre autres les tailleurs de pierre et les maçons, réclamaient de la préfecture que, conformément au décret de du gouvernement provisoire,…

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Dès la mi-juin 1848, les ouvriers de certaines professions, entre autres les tailleurs de pierre et les maçons, réclamaient de la préfecture que, conformément au décret de du gouvernement provisoire, la journée de travail fut réduite à dix heures et que le surplus, quand il leur était demandé, fût payé comme heure supplémentaire.
Ils se plaignaient de n’avoir pas reçu de réponse et d’être renvoyés d’un jour à l’autre sans obtenir de solution.
Dans la soirée du 21 juin, quelques bruits inquiétants avaient couru. Un certain nombre de gardes nationaux avaient été en conséquence mis de piquet. Mais la tranquillité publique n’ayant pas été troublée, on les avait congédiés en les invitant à revenir le jour suivant à 5 heures du matin.

L’escalade de la violence et la répression

Le 22 juin, vers les 9h30 du matin, un rassemblement d’environ deux mille ouvriers remonta la rue Saint-Ferréol pour se rendre à la préfecture.
À la hauteur de la rue Mazade, la force armée voulut barrer l’entrée de cette rue qui avait cependant été forcée par la tête du rassemblement.
On arrêta alors la foule et la troupe de ligne et la Garde nationale la refoula avec ménagement jusqu’à la rue Grignan.
Là se trouvaient deux charrettes dont on essaya de faire une espèce de barricade, et l’on s’empara sur ces charrettes de quelques barres de bois que l’on lança à tour de bras sur la ligne. Il y eut deux soldats blessés, l’un à la main, l’autre au visage. L’officier commandant le détachement ordonna alors une charge à la baïonnette. Elle suffit pour refouler l’émeute et la plupart des ouvriers se dispersèrent précipitamment.
Pendant ce temps, quelques délégués des ouvriers s’étaient rendus à la préfecture et en rapportèrent la promesse que le préfet maintenait son arrêté primitif, celui qui fixait la journée à dix heures et qu’il allait consulter le gouvernement sur cette dérogation à son décret.
Mais alors que les délégués demandaient à la foule de se disperser et de rentrer chez elle, certains hommes voulaient en découdre.
Le commissaire de police, arrivé sur les lieux, donna l’ordre d’agir. Quelques piquets de Garde nationale et de ligne suffirent pour mettre de nouveau en fuite les groupes qui stationnaient dans la rue Saint-Ferréol et près de la rue Grignan. Deux coups de fusil furent tirés de ce côté, mais à la rue de la Palud, l’affaire fut plus sérieuse.
Une décharge frappa un relieur nommé Gorjux qui, malgré les avertissements, avait persisté à s’avancer. Une balle l’atteignit à la cuisse et lui coupa un gros vaisseau. Il mourut deux heures après entre les bras du docteur Ducros qui venait de le panser et d’arrêter l’hémorragie.
Deux autres personnes furent blessées sur d’autres points.

L’extension de la révolte et la construction de barricades

Les fugitifs se répandirent alors dans les quartiers voisins, semant l’effroi et faisant fermer sur leur passage toutes les boutiques. Bientôt dans la ville entière, portes et magasins, tout fut fermé, une situation qui rappelait l’époque du choléra.
À 11 heures, une bande armée se précipita sur la place Saint-Louis, y brisa la devanture du café Puget et de là se jeta en pleine Canebière, y fit une décharge de plusieurs coups de fusil sur la ligne et la garde. Un coup atteignit un capitaine de la ligne et deux balles blessèrent le cheval du général Menard-Saint-Martin qui fut lui aussi blessé, quoique de plomb seulement.
À 3 heures de l’après-midi, des barricades furent construites dans des proportions menaçantes à l’entrée du faubourg Castellane et à la place aux Œufs. Plusieurs coups de fusil furent tirés des fenêtres de la place contre les gardes nationaux qui se plaignaient de n’avoir pas encore reçu de cartouches. Plus tôt dans la journée, une barricade avait été élevée à la rue Fongate et n’avait été enlevée que vers midi.

Les victimes de cette terrible journée

Au total, treize personnes perdirent la vie sur la place aux Œufs dont une femme originaire de Grasse, atteinte rue Pierre-qui-Rage, d’un coup de feu sur les toits où, selon certains, elle étendait du linge, selon d’autres, elle portait des vivres aux insurgés.
Parmi les douze autres morts, on comptait le capitaine Adolphe Devilliers, du 20e léger, tué au moment où il abordait la barricade. On dit que son meurtrier était un enfant de douze ans. La famille du malheureux officier le fit embaumer. On comptait aussi parmi les victimes un sergent-fourrier du 20e léger, trois gardes nationaux, dont l’un, nommé Laplace, était emballeur de profession. Ce jeune homme de 26 ans, s’écria en tombant, mortellement touché : « Ma mère ! » Et il expira.
Les sept autres morts appartenaient aux insurgés. Il ne nous a malheureusement pas été possible de reconstituer l’état civil de ces personnes.
Sur la place Castellane, trois morts furent à déplorer. Deux soldats du sixième de ligne furent tués par les feux des fenêtres, un insurgé frappé de cinq balles sur la toiture de la maison de l’octroi, et le domestique du docteur Dugas, atteint par une balle perdue à la fenêtre de l’écurie de son maître.
L’insurgé évoquait plus haut était généralement connu sous le sobriquet de sergent Mazagran. Il faisait feu du haut d’une lucarne des toits, quand une décharge générale le frappa de cinq balles et l’étendit raide mort.
Défectionnaire de la Garde nationale, cet homme s’offrit traitreusement la veille à servir de guide à ses camarades en leur recommandant de passer prudemment sous la maison de l’octroi. Or cette prétendue prudence avait pour but, assure-t-on, de placer les gardes nationaux sous le coup des pavés réunis sur le toit de cette maison. En le reconnaissant, un garde national que l’on suspectait d’appartenir aux montagnards, et qui n’avait obtenu qu’à grand-peine des cartouches, voulut se charger de châtier le traître. Il s’élança au feu avant son tour, et ne cessa de tirer que lorsqu’il vit tomber ce dangereux ennemi. On dit que pour lui donner un gage de la confiance qu’elle lui avait pleinement rendue, la compagnie avait voulu lui conférer le grade de sergent en remplacement du sien qui avait manqué à l’appel.

Barricade à la Grand-Rue

Les artilleurs de la Garde nationale et une centaine de soldats de la ligne s’avancèrent vers la barrière de la Grand-Rue, mais au moment où il parlementait avec ses défenseurs, 80 ou 100 coups de feu furent tirés sur eux. Ils furent assaillis en même temps par une grêle de pierres qui rejaillissait jusque bien avant dans la Grand-Rue. Avant même d’avoir pu armer leur fusil, les artilleurs et la ligne firent à leur feu à leur tour en reculant dans la direction du Grand-Puits.
La barricade de la grand-Rue fut enlevée à 3h30 de l’après-midi. Et la force armée balaya les autres barricades et poursuivit les révoltés dans les maisons. Il y eut là encore du sang versé. Un spectacle terrible fut donné à l’attaque d’une maison située près de la rue Vieille-Monnaie. Un officier de la Garde nationale parut sur le toit, poursuivant plusieurs ouvriers armés qui étaient ajustés en même temps par les gardes nationaux restés sur la place. Plusieurs coups de fusil furent tirés au risque de blesser l’officier, mais ce furent les insurgés seuls qui en furent atteints. On en saisit un grand nombre de 60 à 80, disait-on. Quelques-uns furent pris dans un puits, plongés dans l’eau jusqu’au cou.
  • Sources : La Gazette du Midi, 23 juin 1848, p. 1 ; ibid., 24 juin 1848, p. 1 ; ibid., 25 juin 1848, p.1.

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Nuit sanglante sur le Cours (Salon-de-Provence, 28 juillet 1839) https://www.geneprovence.com/nuit-sanglante-sur-le-cours-salon-de-provence-28-juillet-1839/ https://www.geneprovence.com/nuit-sanglante-sur-le-cours-salon-de-provence-28-juillet-1839/#respond Mon, 10 Feb 2025 05:30:35 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24395 La montée des tensions Le dimanche 28 juillet 1839, il était environ 23 heures quand des soldats du 23e de ligne, tranquillement attablés à boire au Café Buffier, à Salon-de-Provence…

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La montée des tensions

Le dimanche 28 juillet 1839, il était environ 23 heures quand des soldats du 23e de ligne, tranquillement attablés à boire au Café Buffier, à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), furent abordés par un ouvrier de la ville qui s’approcha d’eux, l’injure aux lèvres et prêt à faire le coup de poing sans autre forme de procès.
Au moment où la querelle commençait à s’envenimer, plusieurs personnes présentes dans le café s’interposèrent, faisant sentir à l’ouvrier l’inconvenance de son attitude et parvinrent à calmer les soldats irrités.
Il faut dire pour être exact et pour expliquer en quelque sorte les injures spontanées de l’ouvrier, que déjà, depuis quinze jours environ, une certaine animosité régnait entre les militaires et ceux qu’on appelait ici les artisans, et cela parce que les sociétaires d’un bal de grisettes avaient fait sortir de leur réunion dansante, un dimanche précédent, quatre officiers à qui on attribuait des propos et même des manières un peu libres.
Quoi qu’il en soit, la légère rixe du 28 juillet au soir et les copieuses libations de la journée avaient tellement échauffé les esprits qu’il était facile de prévoir une catastrophe.

Le drame éclate

En sortant du café, les militaires insultés se joignirent à une vingtaine d’autres qui probablement se trouvaient dans un état d’ivresse, et en remontant vers le quartier, c’est-à-dire au milieu du Cours, une rencontre eut lieu entre eux et les habitants.
Aussitôt une patrouille, composée de six hommes armés, intervint et tombant sur les groupes des bourgeois stationnés sur la promenade, baïonnette croisée et sans aucune sommation préalable, elle blessa grièvement huit à dix personnes.
Un jeune homme tout à fait inoffensif qui se rendait chez lui fut tué d’un coup de baïonnette qui lui traversa la poitrine. Il mourut sur le champ. C’était un jeune cultivateur nommé Jean-Baptiste Coulomb, âgé d’à peine vingt et un ans, né le 12 juin 1818 à Salon, fils de Joseph Coulomb et de Thérèse Marie Tronc.

La justice fut saisie le lendemain et une grande enquête fut ordonnée.
De son côté, le général commandant la division arriva le 2 août à Salon et décida que le dépôt quitterait la ville, ce qui fut fait le lendemain, pour Aix-en-Provence, où il resterait jusqu’à nouvel ordre.

  • Le Mémorial d’Aix, 3 août 1839, p. 3.
  • État civil de la ville de Salon-de-Provence, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, acte no 79, 202 E 579.

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Nuit d’émeutes (Marseille, 25 février 1848) https://www.geneprovence.com/nuit-demeutes-marseille-25-fevrier-1848/ https://www.geneprovence.com/nuit-demeutes-marseille-25-fevrier-1848/#respond Thu, 19 Dec 2024 05:30:13 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=23773 La ville de Marseille, réputée pour son esprit indépendant et révolutionnaire, fut le théâtre d’une nuit d’émeutes particulièrement violente dans le contexte tumultueux de la Révolution de février 1848. Profitant…

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La ville de Marseille, réputée pour son esprit indépendant et révolutionnaire, fut le théâtre d’une nuit d’émeutes particulièrement violente dans le contexte tumultueux de la Révolution de février 1848. Profitant de l’abdication de Louis-Philippe le 24 février et de l’instabilité politique qui secouait alors la France, des milliers de Marseillais, principalement des ouvriers et des artisans exaspérés par leurs conditions de vie, se soulevèrent. Cette foule, pour l’ensemble, était principalement constituée de jeunes hommes de 15 à 22 ans.
Portrait d’André Reynard, maire de Marseille. DR.
Les événements de la nuit du 25 février marquèrent un tournant dans l’histoire de la ville. Dès la tombée de la nuit, des groupes de manifestants, galvanisés par l’esprit révolutionnaire, se formèrent dans les quartiers populaires. Brandissant des drapeaux tricolores surmontés du bonnet phrygien et des torches, ils parcoururent les rues, scandant des slogans hostiles à la monarchie et réclamant une République.
La préfecture, symbole de l’autorité royale, fut rapidement prise pour cible mais elle était bien gardée par une compagnie de la nouvelle garde nationale.
En revanche, la résidence de André Reynard (1799-1861), moins fortement gardée, fut assaillie à grands coups de pierres. Un soldat et un garde national furent blessés par les projectiles et un ouvrier reçut à la joue un coup de baïonnette. Cette nuit marqua la fin du mandat de Reynard. La Deuxième République naissante allait le remplacer par Emmanuel Barthélemy (1804-1880).
Hormis ces événements, il n’y eut que des dégâts matériels et des clameurs, mais ces dégâts étaient graves et nombreux. Les vitres et les réverbères de l’Hôtel-de-Ville furent tous brisés. Il en fut de même sur le trajet de la Colonne dans les rues de la Loge et Coutellerie, sur le quai du Port, à la Canebière, à la rue de l’Arbre et à la place Noailles. Les cafés d’Europe et du Commerce aussi souffrirent beaucoup.
Pendant ce temps, on chantait au Grand-Théâtre La Marseillaise et le chœur « Guerre aux tyrans ».
Le tumulte dura jusqu’après minuit.
  • Sources : La Gazette du Midi, 27 février 1848, p. 3.

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Le siège d’une maison (Toulon, 7 avril 1895) https://www.geneprovence.com/siege-dune-maison-toulon-7-avril-1895/ https://www.geneprovence.com/siege-dune-maison-toulon-7-avril-1895/#respond Tue, 13 Feb 2024 16:21:27 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=19541 Il était 19 heures ce dimanche 7 avril 1895 quand éclata une dispute entre une femme et un soldat du quatrième de marine dans un débit de la rue Gavageau,…

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marins-toulon-emeute

Il était 19 heures ce dimanche 7 avril 1895 quand éclata une dispute entre une femme et un soldat du quatrième de marine dans un débit de la rue Gavageau, à Toulon. Les camarades de ce dernier prirent fait et cause pour lui et d’autres encore arrivèrent.
Pour disperser l’attroupement, la police toulonnaise dut faire appel à la gendarmerie qui vint lui prêter main-forte. Finalement, les marins s’éloignèrent dans un vacarme assourdissant.
Tout semblait être rentré dans l’ordre quand, une heure plus tard, une bande d’environ deux cents marins, armés de pierres, vint mettre le siège devant la maison où vivait la femme qui s’était pris de bec avec le marin dans le débit de boissons. Effrayés, les habitants de la maison fermèrent en toute hâte portes et fenêtres et se calfeutrèrent à l’intérieur, tandis que les cailloux pleuvaient et que les marins faisaient entendre une clameur incessante.
À nouveau, il fallut unir les forces de la gendarmerie et de la police pour parvenir à disperser les manifestants.
L’histoire ne dit pas le contenu des mots de la femme, mais visiblement elle avait rendu les marins fous furieux.
  • Source : La République du Var, 10 avril 1895, p. 3.

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À l’assaut du pont ! (Rognonas, 31 mai 1835) https://www.geneprovence.com/a-lassaut-pont-rognonas-31-mai-1835/ https://www.geneprovence.com/a-lassaut-pont-rognonas-31-mai-1835/#respond Mon, 15 Jan 2024 19:11:28 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=19338 Dans les années 1830, un nouveau pont sur la Durance fut construit à Rognonas et, pour lui permettre d’être solidement établi, il fut érigé sur une digue que les paysans…

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Dans les années 1830, un nouveau pont sur la Durance fut construit à Rognonas et, pour lui permettre d’être solidement établi, il fut érigé sur une digue que les paysans de l’endroit n’appréciaient pas particulièrement.
rognonas-pont-duranceEn effet, fin mai 1835, de fortes crues entraînèrent une montée des eaux et la digue nouvellement construite servit de tremplin aux eaux qui recouvrirent une bonne partie de la plaine de Rognonas.
Aussi, le dimanche 31 mai, un grand nombre de paysans se précipita sur les lieux du pont, avec la volonté de détruire la digue qui leur causait tant d’ennuis.
Les autorités envoyèrent sur les lieux une compagnie du trente-quatrième de ligne dans le but de réprimer ce soulèvement. La présence de cette compagnie suffit à dissuader les paysans d’aller plus loin dans leurs revendications et chacun finit par rentrer chez soi, attendant, résigné, le retrait des eaux.
  • Source : Le Mercure aptésien, no du 7 juin 1835, p.4.

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Les fusillés de Simiane (Simiane-la-Rotonde, décembre 1851) https://www.geneprovence.com/fusilles-de-simiane-simiane-rotonde-decembre-1851/ https://www.geneprovence.com/fusilles-de-simiane-simiane-rotonde-decembre-1851/#respond Wed, 04 Mar 2020 15:31:49 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=17578 La Révolution de 1851 a été particulièrement intense dans le département des Basses-Alpes (ancien nom des Alpes-de-Haute-Provence). De nombreux rapports alarmants étaient régulièrement adressés aux autorités et parfois relayés dans…

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Simiane la Rotonde. DR.

La Révolution de 1851 a été particulièrement intense dans le département des Basses-Alpes (ancien nom des Alpes-de-Haute-Provence). De nombreux rapports alarmants étaient régulièrement adressés aux autorités et parfois relayés dans une presse encore balbutiante.
Ainsi, L’Écho des Bouches-du-Rhône rapportait en décembre 1851 ou janvier 1852 des événements gravissimes survenus à Simiane-la-Rotonde (alors dénommée « Simiane »). Voici comment ils étaient rapportés :
Les journaux ne vous ont point parlé de trois insurgés qui ont été fusillés à Simiane, près de Banon. Un des trois était un menuisier de cette commune, qui avait confectionné une guillotine ; l’un des deux autres devait faire l’office de bourreau. Une liste de quarante-huit personnes appartenant à la classe aisée de Banon, et bon nombre de personnes de la commune de Revest et des Brousses (aujourd’hui Revest-des-Brousses, NdlR), devait passer par ce supplice. On réservait à la pauvre institutrice de Revest une mort plus atroce : elle devait être écartelée. Voilà le sort qu’on nous promettait. »
  • L’Écho des Bouches-du-Rhône, cité in Journal des villes et des campagnes, 7 janvier 1852.

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Émeutes à Fontvieille (Fontvieille, 18 et 21 juin 1876) https://www.geneprovence.com/emeutes-a-fontvieille-fontvieille-18-21-juin-1876/ https://www.geneprovence.com/emeutes-a-fontvieille-fontvieille-18-21-juin-1876/#respond Wed, 24 Apr 2019 17:27:15 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16574 Dans la nuit du dimanche 18 juin 1876, des troubles éclatent à Fontvieille, petite ville située dans les Alpilles, dans le pays d’Arles. Des gendarmes, au nombre de trois, sont…

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Dans la nuit du dimanche 18 juin 1876, des troubles éclatent à Fontvieille, petite ville située dans les Alpilles, dans le pays d’Arles. Des gendarmes, au nombre de trois, sont alors dépêchés pour raisonner les perturbateurs ou, à défaut, procéder à leur arrestation. Mais les choses dégénèrent rapidement. Des insultes et des menaces fusent à leur encontre.
L'ancienne mairie de Fontvieille, actuel cours Hyacinthe-Bellon. DR.
L’ancienne mairie de Fontvieille, actuel cours Hyacinthe-Bellon. DR.
Aussi, le mercredi suivant, le procureur de la République de Tarascon et le juge d’instruction se transportent à Fontvieille pour y enquêter sur cette affaire. Une fois que celle-ci est terminée, ils ordonnent plusieurs arrestations.
Aussitôt c’est l’effervescence. Alors que les inculpés descendent de la mairie pour entrer dans une voiture qui devait les conduire à Tarascon, une foule surexcitée, composée en grande partie des familles des prisonniers, se rue sur la voiture en vociférant. Des femmes, notamment, traitent les magistrats de gueux et de coquins. Ce n’est finalement qu’avec peine que les hommes de loi parviennent à calmer l’émeute et à rentrer à Tarascon.
Évidemment, en se rebellant de la sorte, les familles se sont elles aussi mises hors la loi et c’est logiquement que, le lendemain, une nouvelle descente de la justice a lieu et de nouvelles arrestations sont effectuées.
La femme du secrétaire de la mairie, notamment, figure parmi les incarcérés, ainsi que sa sœur. Mais à la différence de ce qui s’était passé la veille, c’est cette fois dans le calme le plus parfait qu’a lieu le transport des inculpés.
Bien entendu les habitants sont atterrés et c’est avec beaucoup d’angoisse que la population attend le procès qui s’ouvre à Tarascon le 27 juin, sous la présidence de M. de Latour du Villard. Une foule nombreuse se présente devant le tribunal.
M. Florens, procureur de la République, occupe le siège du ministère public, Mes Fayn et Drujon sont assis au banc de la défense.
Un certain nombre de témoins à charge et à décharge sont entendus, puis vient l’interrogatoire des inculpés qui, tous, dénient la plupart des faits qui leur sont reprochés.
M. Florens s’exclame pour accuser les prisonniers : « La magistrature est la plus grande amie de la République ».
Deux affaires sont jugées pour l’occasion.
La première pour les événements de la nuit du 18, pour rébellion et outrages à des agents de l’autorité, donne lieu aux condamnations suivantes :
Jérôme Venture, 6 mois de prison ;
Louis Viaud et Pierre Farcy, 4 mois de prison ;
Benoît Rougier, Victor Roman et Antoine Venture, 3 mois de prison.
La seconde pour les outrages aux magistrats de la journée du 21 :
Antoine Venture, 2 mois de prison et 50 francs d’amende ;
Marthe et Anne Rougier, 3 mois de prison ;
Olympe Rougier, femme Venture, 2 mois de prison.
  • Source : Le Petit Marseillais, 22, 23, 24 et 29 juin 1876.

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