
En mai 1693, la ville d’Embrun sort à peine des traumatismes de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, marquée par l’invasion dévastatrice des troupes piémontaises l’année précédente. La mort brutale de Catherine Eithier par arme à feu s’inscrit dans ce climat de forte militarisation et d’insécurité des confins dauphinois. L’intervention immédiate du vibailli, magistrat royal exerçant la justice criminelle, valide l’ouverture d’une enquête judiciaire indispensable en cas de mort violente ou suspecte. L’autorisation d’inhumer la victime au sein même de l’église paroissiale démontre le statut social honorable de sa famille, liée par bail au milieu de la bourgeoisie de robe locale.
« Le 29 may 1693 a été tuée d’un coup de fusil Catherine Eithier, femme de … [sic], rentier de Monsieur Lambert, ad[voca]t. Elle a été inhumée dans cette église en suite de l’ordonnance de Monsieur le vibailli ; présents les soussignés. »
- Source : Registre paroissial d’Embrun, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 50/3/1.
- Photographie : Vue générale d’Embrun. DR.
