« Elle a enfin rendu son âme à Dieu… » (Aspres-sur-Buëch, 14 mai 1653)

La mort de Catherine Èvesque en 1653 survient dans un contexte de forte piété baroque, où la préparation au trépas constitue un acte social et religieux majeur. La mention d’une maladie de quarante-six jours suggère une pathologie lente, possiblement une affection pulmonaire ou digestive, laissant le temps nécessaire à la « bonne mort » codifiée par l’Église. En tant que veuve d’un cordier, artisan mobile mais intégré, elle bénéficie d’une sépulture au cimetière paroissial, marquant sa réintégration symbolique auprès de ses ancêtres. Ce récit met en lumière la précision des curés dauphinois dans la gestion des âmes et des généalogies.

« L’an 1653 et le quatorzième jour du mois de mai, je soussigné Messire Esprit Guigue, prêtre et curé de la paroisse d’Aspres, diocèse de Gap,
Certifie en tout qu’il appartiendra,
Comme Catherine Évesque, fille de feu Georges, et femme de Jaume ou Jacquet Jambrot, cordier de son vivant, âgée de 64 ans ou environ, après avoir été détenue d’une maladie de 46 jours,
Et avoir donné devant tous les témoignages d’une véritable chrétienne et catholique par la réception des saints sacrements de l’Église, et s’étant confessée plusieurs fois et reçu la sainte extrême-onction ce même jour,
Elle a enfin rendu son âme à Dieu sur les 9 à 10 heures du soir,
Et le lendemain nous lui avons octroyé sépulture en la forme de la sainte Église romaine dans le cimetière en la compagnie de ses prédécesseurs. »
  • Registre paroissial d’Aspres-sur-Buëch, Archives départementales des Hautes-Alpes, 5 MI 468.

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