Ce décès survenu au couvent des Dominicans de Saint-Maximin en septembre 1699 illustre la fulgurance des pathologies infectieuses sous le règne de Louis XIV. L’expression « fièvre maligne » désignait alors une atteinte infectieuse aiguë à symptomatologie sévère (telle qu’une forme grave de typhoïde, une méningite ou un état septicémique) entraînant un effondrement hémodynamique rapide. La mort du frère François Bonadona en seulement quatre jours, malgré plus d’un demi-siècle de vie religieuse, met en relief la vulnérabilité des communautés monastiques face aux épisodes épidémiques ou infectieux, où la promiscuité favorisait la contagion. La mention de la délivrance de l’ensemble des sacrements souligne l’accomplissement rigoureux du rituel catholique de la bonne mort (bona mors), garantissant au religieux une fin édifiante consignée par le sous-curé Revest.
« L’an que dessus et le huitième septembre est décédé, muni de tous les sacrements de l’Église, le révérend père François Bonadona, religieux de l’ordre des frères prêcheurs, profès de ce couvent depuis cinquante-cinq ans, âgé de soixante-douze années, étant atteint d’une fièvre maligne qui l’a enlevé de ce monde dans quatre jours, et a été enseveli le neuf.- Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.