L’odieux matricide à la bêche (Manosque, 21 juillet 1841)

L’affaire s’était déroulée dans la campagne de Manosque, au quartier du moulin-Neuf, sous la chaleur lourde de ce mois de juillet 1841.
Dans les champs de la commune, une femme, qui, selon nos recherches se nommait Anne Giraudon, 47 ans, travaillait la terre aux côtés de son fils, François Louis Sauvet, 26 ans. Ce dernier, qui exerçait la profession de cultivateur, souffrait depuis quelque temps d’un mal invisible et terrible ; son entourage avait en effet remarqué, à plusieurs reprises, qu’il traversait de violents accès de folie.
Ce jour-là, le mercredi 21 juillet, vers 18 heures, la démence s’empara cruellement du jeune homme. Armé d’une bêche, l’instrument même de leur labeur quotidien, il frappa mortellement sa mère au milieu du champ où elle se trouvait avec lui.
La fureur du matricide ne s’arrêta pas là. Animé par la même rage destructrice, le meurtrier voulut également attenter à la vie de sa propre sœur. Par chance, la brigade de gendarmerie survint à temps. Les militaires s’emparèrent fort heureusement de ce furieux avant qu’il ne pût commettre un second crime, et ils le conduisirent aussitôt en prison.
Anne Giraudon était née à Manosque en 1794 et avait épousé Antoine Sauvat, 49 ans au moment des faits, le 10 février 1812 à Manosque.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 1er août 1841, p. 3.
  • État civil de la commune de Manosque, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, année 1841, no 102.

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