La mort d’un grand pécheur (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 18 novembre 1682)

En Provence, sous le règne de Louis XIV, la mort d’Honnoré Brun, 80 ans, à Saint-Maximin en 1682, révèle la centralité des sacrements de l’Église dans la vie et la fin des Provençaux. L’identité et le statut social étaient indissociables de la foi. Le qualificatif de « grand pécheur » inscrit dans le registre paroissial témoigne du jugement moral implacable de la communauté sur ses membres. Son décès, précipité par un simple « catarrhe », illustre la fragilité médicale de l’Ancien Régime, cette infection pulmonaire empêchant Honnoré de recevoir le Viatique, mais lui laissant juste le temps d’une absolution conditionnelle pour apaiser l’angoisse du salut éternel.

« L’an 1682 et le dix-huitième novembre est décédé dans la communion de l’église, sans avoir pu recevoir le saint viatique à cause d’un catarrhe, mais a reçu l’absolution sous condition, ayant dit être marri d’avoir offensé Dieu et le saint Sacrement de l’extrême onction, Honnoré Brun, veuf à feue Catherine Arnaude, âgé d’environ 80 ans, et a été enseveli le 19.
Présents Barthélemy Giraud et François Baudisson. »
[J. Lande, secondaire, B. Giraud, Baudisson]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin, AD83 2 MI EC2809R1

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