La religieuse sur le carreau (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 19 octobre 1694)

Ce décès tragique survenu au couvent Sainte-Catherine-de-Sienne de Saint-Maximin en octobre 1694 met en relief la brutalité des traumatismes domestiques et leur impact dans la vie monastique de l’Ancien Régime. La chute foudroyante subie par la sœur Rose Bayon, religieuse dominicaine de trente-neuf ans originaire de Trets, a causé un traumatisme crânien ou cervical sévère, entraînant une perte de conscience immédiate et la mort « sur le carreau ». L’expression souligne que la victime est tombée foudroyée sur le sol pisé ou carrelé du monastère, empêchant les autres religieuses et le prêtre d’administrer les derniers sacrements. La consignation précise de ces circonstances par le curé Agnez permet d’écarter toute suspicion de mort violente ou criminelle au sein de la clôture religieuse, tout en justifiant l’absence d’extrême-onction pour cette sœur professée depuis plus de vingt ans.

« L’an mil 1694 et le 19 octobre, est décédée subitement la sœur Rose Bayon, fille de feu sieur Bayon, bourgeois du lieu de Trets, et de Mademoiselle Cadris, âgée d’environ trente-neuf ans, religieuse professée du monastère Sainte-Catherine-de-Sienne, ordre de Saint-Dominique, de cette ville, depuis vingt-deux ans.
Elle n’a pu recevoir aucun sacrement pour son décès, étant restée sur le carreau dans une chute qu’elle a faite.
Elle a été ensevelie le vingt dudit mois.
Présents les révérends pères Jacques Marle et Honoré Guidy. »
[f. Joseph Agnez, curé, H. Guidy, J. Marle]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.

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