Le mariage du prisonnier (Boulbon, 30 avril 1681)

Ce mariage célébré dans les prisons de Boulbon en avril 1681 illustre la rigueur des procédures pour « subornation » ou séduction sous Louis XIV. La grossesse hors mariage constituait un délit pénal et un scandale social majeur, incitant la famille de Phélise Mauresy à faire incarcérer le séducteur pour préserver son honneur. Face à la justice seigneuriale ou royale, les épousailles réparatrices représentaient pour François Berlandier la seule issue pour recouvrer sa liberté et éviter les galères. La présence du notaire royal et de notables locaux valide cet arbitrage forcé, qui légitime l’enfant à naître selon le droit canon.

« L’an que dessus [1681] et le dernier du mois d’avril, François Berlandier, étant détenu dans les prisons de ce lieu, à la requête de François et Phélise Mauresy, père et fille,
Pour être ladite Phélise enceinte des œuvres dudit Berlandier, ainsi qu’il a avoué en présence des témoins soussignés et ladite Phélise, ont en ma présence et en celle de son père contracté mariage en présence de maître Pierre Boniface, notaire royal de ce lieu, sieurs Jacques Guiramand, sieur François Broche, sieur Jean Mauche, fils à François, témoins soussignés, et de moi, vicaire perpétuel, qui ai exigé le consentement des pères et des parents. »
[Guiramand, Broche, Mauche, P. Boniface, Camizier, vicaire]
  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 203 E 221.

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