Mort d’une femme innocente (Le Brusquet, 26 mai 1717)

Au début du XVIIIe siècle, l’usage du terme « innocence » par le curé du Brusquet possède une signification théologique et médicale bien précise. L’expression désigne une personne atteinte d’une déficience mentale congénitale, considérée comme incapable de pécher puisqu’elle est privée de discernement. En l’absence de structures asilaires spécialisées dans la Haute-Provence de l’Ancien Régime, ces personnes demeuraient à la charge exclusive de leur communauté villageoise et de leur famille. L’inhumation dans la sépulture des ancêtres confirme cette intégration sociale continue, garantissant à cette femme de quarante-neuf ans le respect des rites funéraires traditionnels de sa lignée.

« Lucresse Bertrand, fille à feu Michel, âgée d’environ 49 ans, est née, a vécu et est morte dans l’innocence, n’ayant jamais eu l’usage de la raison, et son bienheureux corps a été inhumé dans la sépulture de ses ancêtres, le 26 mai 1717, ainsi que l’attestent les soussignés. »
[Jehan Nozat, Engelfred, curé]
  • Registre paroissial du Brusquet, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0096.

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