Morte de la lèpre (Martigues, 20 décembre 1703)

À l’aube du XVIIIe siècle, Martigues demeure marquée par les résurgences de pathologies médiévales, bien que la lèpre soit alors en net recul en Provence. L’épouse de ce matelot de Jonquières, probablement soignée par des remèdes à base de plantes ou de mercure, incarne une réalité sanitaire où la maladie exclut socialement. Son inhumation immédiate au cimetière Saint-Lazare souligne la persistance des structures hospitalières dédiées aux « ladres ». Entre dévotion religieuse et gestion du risque épidémique, cet acte notifie le décès d’une femme du peuple dont l’affection cutanée imposait une sépulture isolée des autres fidèles.

« Le vingt de décembre de l’année 1703, Marie Bastide, âgée d’environ quarante-cinq ans, femme de Jean Bruneu, matelot, est décédée dans la communion de notre s[ainte] mère Église et a esté ensevelie le même jour dans le cimetière de Saint-Lazare, étant atteinte de la lèpre, après avoir été munie des sacrements, en présence de mestre Fabre, curé, et de messire Tourve, prêtre et secondaire de cette paroisse. »
[Signatures]
  • Registre paroissial de Martigues – Jonquières.
  • Texte signalé par Géraldine Surian.

 

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